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parfaitement (1). Et Jules Lemaître par la suite, répara les espiègleries affligeantes qu'il s'était permises sur Jon et l'Apollonide, en montrant à propos des Erinnyes, l'éternité de l’Orestie. C’est à peine sil salua d’une allusion, à la fin de sa conférence, « l'implacable génie de M. Leconte de Lisle beaucoup plus inhumain qu'Eschyle ». (2)
M. VIANEY, dan$S son étude remarquable sur les Sources de Leconte de Lisle (3) a porté le même jugement en l’appuyant de considérants plus précis. Le drame est à ses yeux, mycénien plutôt qu'eschyléen. On y voit, dit-il, « dans un décor très ancien, des actes d’une sauvagerie très primitive, expliquée par une psychologie très moderne. » Au lieu d'être menés par le destin, les personnages le sont par l’atavisme, cette espèce ide fatalité scientifique. Comme l'avait déjà remarqué M. Lefranc, le style est plus fougueux et plus tendu que celui d'Eschyle.
Enfin, M. Joseph AGEORGES, tout en faisant assez de cas des Ærinnyes, ne nie pas que cette œuvre soit « une sorte de contre-sens dramatique » (4 ; mais il ne l'en rattache pas moins « à la lignée classique ». Et cependant M. Léopold LACOUR, en quelques pages qui débordent d’admiration pour cette « sombre et magnifique tragédie », confesse qu’elle est par instants, plus romantique d’allure et de ton qu'hellénique. (5).
() F. Lefranc : Ætudes sur le Théâlre Contemporain : (Paris, Dupret, 1887 ; p. 125-135). À
(2) Impressions \de Théâtre, 42 série, (Paris, Lecène et Oudin, 1890, page 18.
(3) Montpellier, Coulet, 1904 ; pages 309 (sqq). (4) La Renaissance de la Tragédie (Correspondant, 25 mars 1915). (5) conférences de l'Odéon, 1916-1917. (Paris, Hachette, 1918)
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La plupart des critiques s'accordent donc sur l’hellénisme insuffisant des ÆErinnyes. Il nous paraît intéressant de rechercher si cette impression est fondée. Pour cela, nous suivrons pas à pas, la pièce de Leconte de Lisle, en faisant tous les rapprochements utiles avec l’Orestie. Pour fastidieux qu'il puisse paraître, le procédé, nous l’espérons, aura l'avantage de nous permettre un assez grand nombre d'observations de détail, qu'un cadre plus rigide nous eût contraints de sacrifier. Nous nous efforcerons, d’ailleurs, de suppléer à cette dispersion forcée en groupant nos conclusions de façon méthodique.