‹ Leconte de Lisle Adaptateur de l'OrestieChapitre 4 sur 43 · LE TITRE. — LES PERSONNAGES · texte numérisé non relu

LE TITRE. — LES PERSONNAGES

Les ÆErinnyes sont une tragédie antique, ce qui peut paraître un pléonasme, et en deux parties L’'Orestie est une trilogie ; elle se termine par la pièce où les terribles gardiennes de la morale consentent à devenir les ‘divinités bienveillantes, protectrices d'Athènes, les Euménides. Cet heureux dénoucment est ce que le poète moderne ;a retranché. Leconte de Lisle tient à laisser ses auditeurs sous l'impression purement barbare et tragique d’une loi inexorable : le sang appelle le sang. Pas de morale, sauf une théorie assez vague de l’atavisme. : Nous n'assistons pas à l’évolution de la pensée antique, admirablement saisie chez Eschyle, où l’idée d’une loi nouvelle, d’une expiation opérée autrement que par le sang, s'affirme par le titre seul de la tragédie finale. Ainsi le drame sera sfalique et linéaire autant que possible. à . La signification philosophique de la pièce est d'autant moins facile à pénétrer, que le chœur a disparu pratiquement. Or, il avait précisément pour tâche de délasser le spectateur de tant d'horreurs, en fai- . Sans entendre la voix de l'humanité et de la raison

éclairée. Ici, le chœur des vieillards et celui des choéphores ne sont composés que de figurants.

Deux personnages importants sont supprimés. Egisthe ne paraît pas, soit parce que son rôle est trop ingrat, soit parce qu'il diminuerait la grandeur farouche de Clytemnestre. Pylade n’accompagne pas Oreste, alors que son rôle est capital dans les Choéphores, où il détermine à l'assassinat son ami défaillant, en lui rappelant la volonté formelle de Loxias (1) Nous ne retrouvons pas davantage la nourrice d'Oreste, personnage épisodique, mais des plus touchants, et dont le bavardage naïf nous reposait en nous reportant aux scènes charmantes de la vie de famille (2).

Les noms propres sont orthographiés avec la recherche de couléur locale un peu puérile, {dont Leconte de Lisle s'était fait une loi.

(1) Choéphores, 898-900.

(2) id, 731-763,

pe

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