‹ Leconte de Lisle Adaptateur de l'OrestieChapitre 33 sur 43 · TRES · texte numérisé non relu

TRES

En Phocide (Le héros grec, à qui le mensonge coûte moins, se donne lui-même pour Phocidien). (1).

ot non loin de Daulis. Vers le soir, Près de moi, sur la route, un homme vint s'asseoir, Djéà vieux et courbé sur un bâton d'érable.

(Détails pittoresques ajoutés par Leconte de Lisle. Eschyle : « J’ai rencontré un homme inconnu de moi, et moi de lui, » (2).

Nous causions. Il me dit : « Un Dieu m'est favorable, Ami, puisque tu vas au pays Argien.

(vers traauits littéralement d'Eschyle), (3). Mon nom est Strophios, de Daulis. (4. Garde bien Ce nom dans ton oreille, afin que l'on'te croie ; Car, souvent, qui se fie en aveugle est la proie De la ruse, et les soins tardifs sont superflus.

(Eschyle : « Souviens-t'en au juste … ». Mais Leconte de Lisie est volontiers sentencieux.). (5).

Va donc. Dis aux parents d'Orestès qu'il n’est plus.

(ie, dit Eschyle, négligeant l’'euphémisme). (6). Que dans l’urne d'airain sa cendre est renfermée. (Eschyle ajoute qu'on l'a beaucoup pleuré). (7). Et sache de sa mère auguste et bien aimée

(Eschyle ne parle pas d’elle spécialement, sans doute

(1) Choéphores, 674, (DS AN SONT:

(3) id, 680.

(4) id, 679. £ (5) id, 681.

(6) id, 682.

(7) id, 687.

SQE, AUS

en raison du peu d'importance des femmies à l’époque héroïque).

S'il faut que je la rende ou Ja garde en ces lieux, Ce qu’elle ordonnera sera fait pour le mieux.

(fidèle adaptation d'Eschyle) (1)

Reine, ainsi m'a parlé le vieil homme, J’ignore Le reste,

(l'expression d'Eschyle : +roaÿr' axoisx.…. j'ai tout juste entendu cela (2), est rendue très heureusement, quoique de façon indirecte).

Clytemnestre prend sur elle de refuser l’urne, aiors que dans le grec elle annonçait son intention de conférer avec son mari de tout celà. (3). Electre exprime son désespoir, non plus sous forme de monologue suivi, Comme dans le grec, mais en lamentations entrecoupées, ce qui, d’ailleurs, est plus naturel.

O race misérable et vouée au supplice !

Mon frère, ma dernière espérance !

(Eschyle : taroës x. L'alliance de mots était difficile à reproduire} (4).

: “Clytemnestre s'efforce, à plusieurs reprises, de couper court brutalement à ces démonstrations de tristesse. Dans le grec, elle ne reprochait qu'indirectement ses pleurs à Electre, ; sa méchanceté consistait à lui faire tout préparer pour le séjour « d'étrangers qui devaient lui être odieux. » (5).

(1} Choéphores, 683-685.

(2) id, 688.

(3) id, : 716-718.

(4) id. 699,

(5) id 715, et le commentaire d'Henri Weil.

LPo

Electre, à moitié sincère, (car à défaut de la mort d'Oreste, les sujets de larmes ne manquent point). reprend, malgré les menaces de sa mère :

Sombre Exécration, sur nos fronts amassée, Est-ce ton dernier coup ?

Ici encore, Leconte de Lisle simplifie une image assez complaisamment développée dans le grec : la jeune fille constatait que les flèches de l'Exécration allaient bien au but et la privaient, elle, de ses défenseurs. (1).

Les derniers vers de la scène ne paraissent pas inspirés d'Eschyle.

(1) :Choéphores, 692-695.

HSE

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