‹ Leconte de Lisle Adaptateur de l'OrestieChapitre 9 sur 43 · SCÉNE II · texte numérisé non relu

SCÉNE II

Le dialogue entre Eurybatès et Talthybios ne nous laissait guère d'espoir sur le sort d’Agamemnon et de toute son armée ; aussi l’arrivée du veilleur, qui vient annoncer l'apparition du signal lumineux, est-elle un coup de théâtre. Chez Eschyle, Clytemnestre elle-même communique la nouvelle aux vieillards. Mais Leconte de Lisle veut nous faire désirer la présence de la Reine.

Les premiers vers que prononce le veilleur sont d'un ton épique ; plein d’enthousiame et de noblesse. Ils n’ont aucun rapport avec la simplicité qu'Eschyle donne au caractère et au langage de ce vieux serviteur. |

Après ce préambule, il salue la flamme par une traduction correcte et élégante du grec (1). Il resserre en deux vers les tourments de l'attente, sur lesquels il nous apitoyait dans Agamemnon, avec tant de bonhomie (2) Puis il s’écrie, plein d’une joie sauvage, qu'Eschyle n'avait garde de prêter à un personnage sympathique :

Patrie ! Ils ont mordu, les mâles de ta race .

Nous trouvions dans le chœur, l'expression de mâle, &:s:wos, appliquée au chef de famille (3) ; mais dans des conditions telles qu’elle n’éveillait aucune

(1) Agamemnon, 22.

(2) id. 1-18.

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