‹ Leconte de LisleChapitre 11 sur 47 · LES DÉBUTS DANS LA LITTERATURE I · texte numérisé non relu

LES DÉBUTS DANS LA LITTERATURE I

ges, il lient en haute et radieuse admiration lord Byron,

O peintre du Giaour, toi, poète sévère !

Vous deux (Dante), qui cherchiez Pombre et les orages noirs,

Toi, ceux de notre cœur, et toi ceux de la terre

Vous êtes deux éclairs qui brillez dans nos soirs,

O Bjron, ô Rosa, fils de Ponde marine.

[Trois Harmonies en Une,)

Une de ses poésies de cette époque fait flotter en épigraphe cette pensée de Byron : « Oui, les cieux nous appellent avec amour dans leur sphère et plongent nos âmes dans les vastes mers de l'éternité. » Plus tard, dans une étude suvles Femmes de ByroTiy il laissera sentir dans son enthousiasme de quelle splendide émotion illuminèrent sa jeunesse les visions bibliques etéthérées de lord Byron, ses femmes pitoyables et divines.

C'est parce que Byron a loué quelque part l'œuvre de Shéridan qu'il eut l'idée de dessiner la physionomie nationale de ce critique qui corrigea son pays en bafouant partout l'artificiel et en réclamant le vrai dans l'art comme dans la vie. Et Ton ne saurait assez insister sur ce qui poussa Leconte de Lisle, jeune poète lyrique, à publier des études d'écrivains satiriques comme étant celles qui permettent le mieux de montrer l'esprit humain aux prises avec le milieu social où il pense, choqué, révolté et visant par l'art à le réformer.

De ritalie, il semble qu'il apprécie alors moins Fâge classique de Virgile que celui, moderne, des Pétrarque, des Tasse, et des Dante :

Il6 LECONTE DE LISLE

Grave et majestueux, dans la même auréole (que Michel- Ange) Mais plus haut cependant, plane un esprit divin ; A peine du passé la gloire le console.

Et comme sa douleur son nom est surhumain .

C'est le grand Florentin.

Il connaît aussi le théâtre italien puisque, après ses trois esquisses sur HofFmann^SheridanjChénier, il annonce dans la Variété un ensemble sur « le théâtre français depuis son origine jusqu'à Corneille et Molière et le théâtre italien depuis le XVI® siècle ».

En littérature française, matière pour laquelle il a obtenu A. B. à ses examens et qu'il était prêt à professer dans le « collège modèle », ses idées fondamentales sont celles des Romantiques. Ainsi qu'en témoignaient déjà ses essais poétiques datés de Bourbon, précieux de mots, tendres de rythme et aux intentions câlines, il connaît Ronsard. En lui il admire, non, comme il pourrait le faire plus tard, l'âme française renaissant à la lumière de l'antiquité, mais le créateur en France de la poésie lyrique : (( Nous la voyons naître, délicate, naïve, mélodieuse et brillante avec Ronsard, le seul poète du xvi® siècle que le Tasse proclamait son maître. ».,.« Ronsard, le seul poète du xvi® siècle et qui a conquis la gloire de n'avoir pas été compris par Boileau. » Et il reprochera au xvii® siècle d'avoir, par discipline de correction, arrêté dans son élan la poésie «créatrice et spontanée ». Il fait exception pour

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