‹ Lecture à haute voix [microforme] (volume 2)Chapitre 149 sur 184 · LA GRAND’MÈRE · texte numérisé non relu

LA GRAND’MÈRE

Dors-tu ? Réveille-toi, mère de notre mère :

D’ordinaire, en dormant, ta bouche remuait ; Car ton sommeil souvent ressemble à la prière Mais, ce soir, on dirait la madone de pierre ; Ta lèvre est immobile et ton souffle est muet.

‘ Pourquoi courber ton front plus bas que de coutume ? Quel mal avons-nous fait pour ne plus nous chérir ? Vois, la lampe pâlit ; l’âtre scintille et fume ;

Si tu ne parles pas, l’âtre qui se consume Et la lampe, et nous deux, nous allons tous mourir.

“ Montre-nous donc ta Bible et tes belles images ; Le ciel d’or, les saints bleus, les saintes à genoux ; L'Enfant-Jésus, la crèche et le bœuf et les Mages ; Fais-nous lire, du doigt, dans le milieu des pages, Un peu de ce latin qui parle à Dieu de nous.

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Mère !... Hélas ! par degrés s’affaisse la lumière

L’ Fa danse joyeuse autour du noir foyer

Les esprits vont peut-être entrer dans la chaumière, Oh ! sors de ton sommeil, interromps ta prière,

Toi qui nous rassurais, veux-tu nous effrayer ?”

Leur gémissante voix longtemps se plaignit seule.

La jeune aube parut sans éveiller l’aïeule,

La cloche frappa l’air de ses funèbres coups :

Et le soir, un passant, par la porte entr’ouverte,

Vit devant le saint livre et la couche déserte

Les deux petits enfants qui priaient à genoux. Vicror Huao.

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