LA LÉGENDE DU RÉSÉDA
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Un jour, l'ange chargé du soin des fleurs écoutait avec un charme infini l'hymne de reconnaissance que les adressaient au créateur : les unes le remerciaient
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de leur avoir donné les qualités bienfaisantes qui adoucissent les maux et souvent les guérissent, les autres lui adressaient des actions de grâces pour la beauté et le parfum dont elles étaient douées ; toutes le bénissaient pour les bienfaits qu’elles en avaient reçus; seul, un réséda fit entendre un soupir de regret. L'ange, surpris, s’approche aussitôt de la petite plante herbacée encore à l'état sauvage, et lui demande avec douceur la cause de son chagrin.
Aujourd’hui, plus que jamais, j'étais heureux de mon sort; placé près de ma sœur la marguerite, dont la jolie corolle est trop loin du feuillage ; je m'étais plu à l’entourer, ce qui contribuait à la rendre plus belle. Hélas je ne puis lui donner le parfum qui lui manque, et c’est là ce qui cause ma peine. .
—Ami, le regret que tu exprimes est si doux à mon cœur, que je veux te récompenser en te douant d’un par. fum exquis qui rappellera aux hommes celui de la vigne en fleur, tandis que tes épis offriront à leurs yeux l’image du blé qui les nourrit. Maintenant, dis-moi, veux-tu devenir le partage du riche, te plaire dane les serres, dans les salons dorés, dans les jardins les mieux soignés ? Choisis...
— Ange des fleurs, je me trouve bien où Dieu m'a fait naître; je ne saurais vivre sans la rosée qui me rafrafichit chaque matin, sans le soleil qui me donne la chaleur et la vie, sans la brise qui me berce doucement en me parlant des fleurs mes sœurs et en me donnant leurs caresses ; mais, puisqu'il m'est permis d'exprimer un vœu, prie Zéphire, quand il prendra mes graines sur son aile légère, de les porter de p'éférence sur la fentre de l'ouvrière et dans le cœur du prisonnier.