‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 102 sur 190 · F.-X. GARNEAU · texte numérisé non relu

F.-X. GARNEAU

Annotations.—La lutte pour la vie entre les peuples, la disparition de certaines races, exterminées, asservies ou absorbées par d’autres plus fortes et plus heureuses forment le thème de cette pièce.

À l’époque où écrivait M. Garneau (1841), la nationalité était en péril; on sent sous les strophes émues du poète comme une arrière-pensée qui préoccupe son âme et la trouble de sinistres pressentiments. Et cette préoccupation costante de l'auteur est déguisée sous le voile de l’allégorie.

Les deux premières stances sont très riches d'harmonie et d'expression. Les souvenirs historiques se pressent en foule, les peuples anciens et les peuples modernes, les sauvages et les hommes civilisés, passent rapidement au pied de l'arbre séculaire, —et le poète se compare au voyageur.

Les oiseaux qui font leurs nids et gazouillent dans les branches, les danses joyeuses des villageois, au pied du vieil arbre, le vieillard qui vient s’y asseoir et raconter aux jeunes gens les hauts faits des ancêtres, tout cela est décrit avec fraîcheur, avec grâce, avec une mélancolie bien vraie et que l’on ne peut s'empêcher de partager.

M. Garneau n'a pas voulu que son arbre chéri tombât de vétusté; ila choisi pour lui une fin plus tragique, plus symbolique aussi de celle qu'il voudrait pour notre nationalité, si elle doit disparaître un jour; c'est ce qu’il exprime dans la dernière strophe.

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