‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 176 sur 190 · A LA PATRIE · texte numérisé non relu

A LA PATRIE

Ce nom de la patrie, il résonne en mon cœur comme les pas connus ou la voix d'un ami, Il y a des moments où je ne puis le prononcer sans me sentir ému jusqu'aux larmes : j’ai toujours plaint les exilés.

Je t'aime, “ Ô Canada, plus beau qu’un rayon de l’aurore,” j'aime ton fleuve-roi, tes grands lacs, ton sol fertile, ton ciel bleu. Et comment ne pas t'aimer, cher pays qui m’as donné

mon berceau, ma famille, mes hbienfaiteurs et mes amis ? Je t'aime, lorsque tes campagnes ont revêtu leur robe de verdure, lorsque tes jardins sont en fleurs, lorsque tes forêts d’érables sont pleines de vie, de gaieté, de mystères, de parfums et de chansons. Je t'aime encore, lorsque tes arbres se dépouillent de leurs feuilles, lorsque tout repose dans tes prés, lorsque l'hiver a jeté sur toi son immense linceul.

Je connais ces pays tant vantés où les myrtes fleurissent, où l’oiseati, dit-on, est plus léger et la brise plus douce ; j'ai passé des jours tranquilles sur cette plage où la mer de Sorrente déroule ses flots bleus au pied de l’oranger ; j'ai vu Gênes la Superbe, et la radieuse Florence, et Venise la reine de l’Adriatique; plus d’une fois, j'ai contemplé la belle Naples tout étincelante des feux du soleil couchant ; j'ai vogué sur les ondes azurées du lac de Genève; notre doulce France m'a charmé ; mes pas ont foulé le sol béni de Rome, et j'en ai tressailli d’un indicible bonheur... Mais tous ces grandioses spectacles, tous ces immortels souvenirs, toute cette poésie sublime, toute cette rature enchante-

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resse, ce n’était pas toi, Ô ma patrie ! et je n’ai pas cessé un seul iustant de te garder la première place dans mon enthousiasme et dans mon admiration.

O Dieu, qui selon votre bon plaisir faites les patries grandes et glorieuses ; vous qui assignez à chacune sa place au soleil des nations, jetez sur notre Canada un regard de complaisance et d'amour, et donnez-lui des jours prospères.

Tous les peuples, je le sais, vous appartiennent, ils naissent à votre appel, vous les tenez dans votre main toutepuissante, et quand vous vous retirez d'eux, il faut qu'ils meurent,

Mais il en est qui sont plus spécialement l’objet de votre tendresse et de vos bienfaits. Vous entourez leur berceau d’une sollicitude toute maternelle, vous vous les consacrez en quelque sorte, vous leur distribuez avec une admirable sagesce les prospérités et les épreuves, afin que leurs regards et leurs cœurs demeurent toujours tournés vers vous,

Tel fut le peuple d'Israël destiné à donner au monde le tédempteur,

Que n’avez-vous point fait nour lui ? Après l'avoir soustrait à la servitude de l'Égypte, vous vous constituez son guide à travers les périls et les tristesses du désert, Vous êtes vraiment son docteur, son législateur, son maître et son vengeur, Pour l’instruire, vous lui envoyez des prophètes, et, pour le suverner, vous lui choisissez des rois selon votre cœur, : montre-t-il reconnaissant et fidèle ? Vous le récompensez, S'égare-t-il? Vous le redressez aussitôt, “Je serai ton Dieu, lui aviez-vous dit, et tu seras or. peur le.” Grandes et consolantes paroles! Israël pou-

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vait-il les oublier ? Les pères devaient les rappeler avec émotion à leurs fils; et David, chantant sur sa harpe ces cantiques inspirés, dans lesquels l’amour du sol natal ne se séparait pas de l’amour de la religion, s’écriait : “Jérusalem, louange au Seigneur! Sion, remercie ton Dieu, car il n’a pas traité avec la même miséricorde toutes les patries !”

O Canada, ces chants enthousiastes du roi-prophète ne te conviennent-ils pas à merveille

Est-il une nation qui puisse se ui fier d’une origine plus belle et plus pure que la tienne ? D'où te vinrent en effet tes fondateurs? N'est-ce pas de ce royaume auquel l'univers décernait le titre de très chrétien ? Choisis entre mille, ils s’élancèrent vers tes solitudes immenses; et tu sais avec quel courage et quelle générosité d’apôtres. Depuis ce moment, as-tu cessé d’être comble des célestes faveurs ? Ah ! trois siècles sont là pour affirmer le contraire.

En un jour de lugubre mémoire, il est vrai, Dieu permit que tu fusses séparé de la France, mais n’était-ce point pour que tu ne te séparasses pas de lui? Il veillait alors sur toi comme toujours. En changeant de drapeau, tu n'as changé ni de sentiments, ni de langage ; ta foi est demeurée vierge ; tu as su maintenir tes libertés saintes et conserver les glorieuses traditions des ancêtres,

Que ton avenir, Ô mon pays, soit digne d’un si noble passé ! Oui, qu’elle te soit chère à jamais cette religion divine qui protégea ton berceau ! Ne la laisse ni s’affaiblir, ni diminuer en toi, Ne l’oublie point: c’est à l’ombre de la croix que tu as pris naissance,

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CHÉSI.

De l’étude de l’économie domestique.

L'économie domestique est la science de la direction d'un ménage, d’une famille, Il ne faut pas croire que Île mot économie soit pris ici au sens d'épargne, et qu'il signifie seulement l’art de dépenser aussi peu que possible, La signification de ce mot est beaucoup plus large. De

même qu'on dit d’un homme d’État: “IL connaît l'éco-

nomie politique,” c’est-à-dire l’art de diriger une nation, un État,—de même on dit d’une bonne ménagère : “ Elle connaît l’économie domestique,” c’est-à-dire les meilleurs moyens à employer pour conduire son ménage avec habileté, sagesse et raison.

Beuucoup de personnes prétendent, bien à tort, qu’il n'est nullement nécessaire, qu'il n’est pas même utile d'étudier snécialement l’économie domestique lorsqu'on est sur les bancs de l’école, ‘ L'école, disent-elles, doit enseigner à lire, à écrire, à compter et beaucoup d’autres choses encore qu'on demande dans les examens où qui peuvent servir dans diverses professions. Mais une jeune fille n'apprendra bien qu’auprès de sa mère et dans sa famille, l’art de diriger un ménage.”

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