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c’est le contraire: vues de loin, elles ne “emblent pas ? énormes, mais plus vous en approchez plus elles grandissent + et deviennent inaccessibles.
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Piliers naturels.—Rivière Columbia, C. B.
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A travers les hommes on peut toujours se frayer un passage, et si vous savez vous rendre aimable, ils s’écarteront volontiers pour vous laisser passer. Mais les montagnes sont immuables. |
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us ferons Dans notre siècle, on n’admire que le mouvement, le changement, l’évolution. L’on méprise ce qui est immuable, ous ? ct c'est avec un air de dédain qu’on dit de quelqu'un: il nes, De ) est immuable comme une borne !
is quand 1 Il ne faut pourtant pas trop s’extasier devant ce qui ontagnes, remue et marche, L’immutabilité doit avoir du bon puis-
‘que Dieu la possède,
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Et même en ce monde, il y a des choses immuables qui sont bien commodes, Un port de mer, un phare sur un écueil sont bien précieux dans les jours de tempête. Et quelle est l'utilité de l’ancre ? C’est de rendre immuable une habitation très mobile, La boussole est aussi une immutabilité au milieu du mouvement. Et si les bornes étaient mobiles, que deviendrait le droit de propriété ?
Tous ces bons côtés des choses immuables n’ont pas dû être bien appréciés par les ingénieurs du Pacifique canadien quand ils se sont trouvés en face des Selkirk. Ce qui complique encore le problème, c’est que, à mesure que nous avancons, en côtoyant la rivière Colombie, les Rocheuses et les Selkirk se rapprochent, et resserrent tellement la rivière qu’elle devient un torrent bouillonnant, rapide, profond et tortueux.
La voie ferrée devient également tortueuse, et s'accroche comme elle peut aux flancs des roches escarpées, suivant tonjours la Colombie qui paraît la seule porte ouverte à l'horizon.
Soudain notre locomotive tourne brusquement à gauche, et s'enfonce dans un véritable tunnel, creusé dans le roc par la petite rivière du Castor. O le bon castor! IL n’y avait que lui capable d’un pareil travail et il est venu au secours des ingénieurs,
Audacieusement, et sans craindre les rochers qui menacent nos têtes, ni le torrent impétueux qui gronde sous nos pieds, nous nous élançons sur ses tracess Mais les états violents, dans la nature comme chez l’homme, ne durent jamais très longtemps; et bientôt l’étroit tunnel s’élargit en ravin, et le ravin devient une vallée très profonde entre des montagnes très hautes et richement boisées.
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Sapins et épinettes, cèdres et pins prennent ici des tailles colossales, et s’échelonnent les uns au-dessus des autres de manière à former des pyramides gothiques merveilleuses, Mais ils ont beau faire, ils n’atteignent pas les plus hauts sommets,
Ces grands monts enveloppés de végétation à la base et dénudés à la cime me semblent une image de la vie humaine, qui à la fin se dépouille des floraisons que l’espérance, l’amour et les rêves avaient fait naître.
La vie naturelle cesse dans les hauteurs, et non seulement les herbes y meurent ou n’y peuvent croître, mais l’homme lui-même y perd l'équilibre, Le sang lui monte à la tête, il a le vertige, et s’il poursuit son ascension, il tombe et meurt,
Mais il en est tout autrement dans la vie surnaturelle. Plus lâme s'élève, moins elle ressent les influences terrestres, et plus elle se vivifie,
La neige immaculée qui couronne les cimes est l’emblème de la pureté de ceux qui ont atteint les hauteurs de la vie spirituelle, Vainement les végétations terrestres, les passions, les convoitises, toutes les productions de la nature mauvaise s'échelonnent autour de ces hauteurs et
| tentent de les gravir. Elles n'arrivent pas au sommet,
La voie monte sensiblement, cent seize pieds au mille,
et notre course se ralentit.
.QUESTIONS.—Décrivez la chaine des Selkirk, — la rivière Colombie.—Citez quelques comparaisons et allusions qui vous ont frappé.—Définissez évolution, immutabilité, ingénieur, locom o-
tive, gothique.