‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 92 sur 190 · FRET · texte numérisé non relu

FRET

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On était à l’époque des Soirées canadiennes ; la popularité dont cette revue jouissait à sa naissance avait répandu une vie nouvelle, pleine d’entrain et d'espérance, dans notre petite république des lettres. On avait foi dans l'avenir et on avait raison. La phalange des jeunes talents se groupait avec une ardeur fiévreuse autour des vieux maîtres, prête à tout entreprendre sous leurs ordres.

Nature sympathique et ouverte, modeste comme le vrai talent, n'ayant jamais rêvé, pour son malheur, que lecture et poésie, toujours disposé à accueillir les nouveaux venus dans l'arène, Crémazie était le confident de chacun. Que de pas hésitants il a raffermis! Que d'écrivains de mérite qui s'ignoraient et qu’il a révélés à eux-mêmes! Personne n’a eu une plus large part que lui au réveil littéraire de

Né à Québec, le 16 avril 1827, d’une famille originaire du Languedoc, ! il avait fait ses études au séminaire de cette ville. Il était entré ensuite dans le commerce et était devenu l'associé de ses deux frères Jacques et Joseph, fondateurs d’une maison de librairie qui vient de s’éteindre après avoir duré au delà de trente ans. Humble dans ses commencements, elle prit après 1855, sous la direction d'Octave, un développement considérable, trop rapide peutêtre, trop hâtif à une époque où les livres étaient encore d’un débit assez difficile; ce qui fut la première cause du désastre qu’elle a éprouvé quelques années plus tard. Quoi qu’il en soit, il convient d’ajouter ici que cette maison

1. Jacques Crémazie, bisaïeul du poète, était né en 1735 à Artigat,en Languedoc ; il arriva à Québec en 1759.

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