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fantôme ! Nous ne sommes pas assez pariaits pour être toujours affligés. Mais il y a certaine douceur à se croire inconsolable : c’est se rendre parfois un témoignage de tendresse, de fidélité et de constance, c’est se donner de grandes louanges !
Soyons raisonnables: nos maux réels seront toujours assez grands pour que nous n’ajoutions rien de nos propres mains à leur triste édifice.
Mais à côté de ces maux, sont disseminés, dans la vie, quelques bonheurs rares et quelques fugitifs plaisirs. A leur sujet, mon conseil est inverse.
Il faut s'arrêter avec complaisance aux petits bonheurs que Dieu nous donne; il faut les savourer lentement et doucement; il faut les épuiser amoureusement jusqu’au fond ; il faut surtout en garder le souvenir, comme un vase de cristal garde le parfum des eaux qui l’ont embaumé.
Garder le souvenir des jours heureux. C’est si bon et c'est si simple! Quand Dieu vous fait le don d’un jour ou même d’une heure joyeuse, pourquoi n’en emportez-vous pas un souvenir? (est une petite branche, une fleur, un brin d'herbe, une plume d'oiseau cueillie au milieu d’un buisson, un lambeau de papier... que sais-je, moi ? Et, le soir, quand la nuit tombe, la branche, la fleur, le brin d'herbe, pourquoi ne l'attachez-vous pas pieusement à quelque feuille détachée, écrivant par-dessous une date, un mot, une lettre... trompeuse si vous le voulez, pour dérouter les indiscrets, mais qui vous parle à vous qui la comprendrez ? Puis, la feuille ainsi consacrée, enfermez-la
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ujours Jropres
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