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Quand donc de pareils changements se sontils accomplis dans les états pontificaux ?
dans quel siècle ? en quelle année? Aucun événement de cette nature n’aeu lieu, vous le savez. La filiation du droit souverain dont les papes “ont été revètus par des princes chrétiens, est sans lacune, n’a point dévié, et ce droit lui-même est uniforme dans son caractère et ses attributions depuis son origine jusqu'à nos Jours.
Pouvait-il en être autrement ? La souveraineté populaire peut-elle exister dans les Etats Romains ? Ne craignons pas de répondre franchement : non. Le patrimoine de St. Pierre n'est pas un domaine dont le vote populaire puisse disposer; c'est un bien de l'Eglise, soumis à la suprème juri diction de lautorité supérieure dans la hiérarchie, inaliénable sans sa participation, et les papes s'engagent toujours, en prenant possession de leur siége, à garder fidelement les états de Eglise; à ceux qui veulent qu'ils y renoncent, ils répondent l'irrévocable Non possumus. Il existe chez nous un droit du même ordre. Pouvonsnous, en effet, disposer de nos biens de fabrique sans le consentement du supérieur
ecclésiastique ? Non, et cet exemple, quoique n'offrant pas une similitude parfaite entre les deux termes de comparaison, peut cependant faire comprendre la nature du droit qui s'applique au patrimoine de St.
Pierre. :
Mais alors, dira-t-on, l'Eglise sera donc toujours pour les Romains un obstacle à la jouissance des libertés politiques ? Cette question pourrait nous entraîner loin.
Qu'il suffise de dire que la souveraineté populaire absolue n’est pas, au sentiment mème de plusieurs adversaires du droit divin comme source immédiate du pouvoir, une condition sine qu& non d'un bon gouvernement et de la liberté des citoyens, et que si les Italiens veulent seulement ne plus conspirer, ne pas assassiner les ministres de Pie IX, ce grand rape leur accordera volontiers toutes les libertés dont il a voulu généreusement faire l'essai dès les premières années de son pontificat.
Supposons maintenant, messieurs, que le droit politique dans les états de l'Eglise ait subi avec le temps les mêmes modifications que celui de l:. France, par exemple: dans cette hypothèse, les Romains pourraient-
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ils, de leur unique volonté, aliéner ce domaine? Souvenons-nous que ce domaine n'a pas été donné à un pape comme une propriété personnelle, à la charge de le transmettre à la personne de son successeur: on l'appelle le ‘ Patrimoine de St.
Pierre,” lus Etats de l'Eglise ; ” il a été offert à la société catholique tout entière, représentée par son chef, dont la liberté d'action dans le monde avait besoin d’être garantie. Les Romains sont-ils les seuls sujets du Pape? Ne le sommes-nous pas à un titre égal, et lorsqu'il s'agit de savoir si la souveraineté de leur roi commun sera maintenue ou abolie, les catholiques n'ontils pas tous le mème droit d’être consultés ? Je suis sujet de l'Eglise, moi; cette propriété appartient à l'Eglise, je ne veux pas qu'on en dispose sans prendre mon avis ; si l’on décrète un plébiscite, je veux voter, et les deux cents millions de catholiques répartis sur la surface du globe ont ce droit tout autant qu'un romain de Rome. Nous sommes Romains, nous aussi. Rome est notre patrie, notre souverain y règne, nous ne voulons pas qu’on le chasse par un plébiscite sans que nous ayons pu enregistrer
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nos votes. Que l’on nous consulte donc, et que la majorité l'emporte. Les Romains ne sont qu’une infime minorité des sujets de l'Eglise, et si, d’après le droit nouveau, ce sont les sujets qui font les souve- ‘ains, nous ne voulons pas que la destinée «le ceux-ci soit confiée à la minorité. Nous regardons comme nul tout ce que cette minorité a fait dans le passé et fera dans l'avenir.
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On le voit donc, même en se plaçant, comme je le fais, au point de vue le plus favorable aux adversaires de la papauté, 1l faut en venir à la conclusion que celui qui s'est emparé de Rome retient un bien qui n'est pas à lui, ce qui dans toutesles langues humaines s'appelle un vol. Que l’auteur porte une couronne ou soit armé d'un poignard, 11 v à spoliation, attentat contre la propriété, contre la justice, contre la morale. Malheur à ces audacieux! Ceux qui violent des droits privés, c'est [a société qui les punit; mais c’est Dieu lui-même qui se réserve de châtier les persécuteurs de son Eglise, La liste est longue de ceux qui sont tombés sous la main vengeresse de Dieu depuis Julien-lApostat jusqu’à Napoléon TIT.
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Ah! j'entends le libre-penseur me dire :
Laissez là le bon Dieu qui ne s'occupe pas de tant de choses ; Napoléon n'a recu à Sédan que le châtiment réservé à tous ceux qui attentent à la liberté des peuples.
Je le veux bien ; mais il doit m'être permis de croire que la liberté entre dans Île plan providentiel du gouvernement des sociétés, et, en cherchant Fauteur de cette terrible punition, de remonter jnsqu'à Celui de qui toutrelève, selon ma croyance,
C'est un fait remarquable que Iles politiques les plns éminents de notre époque assignent aux malheurs Ge Napoléon ITA inème origine que CCUX qui, étrangers aix faires, m'observent, pour leur enseignement, que l'action de la Providence dans le monde. Ainsi, prenons Je témoignage de M. Thiers, ce grand homme devenu défenseur de l'Eglise par bon sens politique ; vous avez tous présents à la mémoire ses célèbres discours, œuvres magnifiques de
patriotisme et de saine raison. L'unité italienne, dit-il, a produit l'unité allemande, Napoléon ITE, en laissant faire l'unité italienne au lieu d’une confédération, comme
il lentendait d'abord, à laquelle le pape 3 on
aurait adhéré, a soulevé en Italieun levain d'aspirations nationales qui devait fermen.
ter plus tard en Allemagne et produire cette puissance colossale dont le voisinage est une constante menace pour la France.
Les craintes de M. Thiers ne se sont que trop réalisées, L'unité allemande, consé.
quence de lunité italienne, à abaissé la France et anéanti Napoléon IT. Or, qu'est:
ce que l'unité italienne? N'est-ce pas la spoliation d'une partie des états pontificaux, les Romagnes, les Marches et l'Ombrie, soufferte par l'Empereur ? Et la Prusse a puni ce péché politique, disent les uns; Dieu a puni cette tolérance accordée à un attentat contre son Eglise, disent les autres. Cet accord sur le fait expié à Sédan, sinon sur l'auteur du châtiment, prouve une fois de plus à nos veux que tourner le dos à l'Eglise est encore, pour les souverains comme pour les sujets, le moyen sûr de se perdre soi-même.
Et Victor-Emmanuel! N'est-il pas déjà assez puni par le mépris ou la pitié du monde catholique ? Dieu veuille qu'il ne 4 soit pas autrement ; mais en voyant ce descendant d’une sainte se prèter à des per-
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