DOTE RES
Ni
le soit: pourquoi donc ne produirait-il pas ailleurs les mauvais fruits qu'on lui attribue chez nous? La mème cause devrait produire le mème effet, et comme on ne formule pas de semblables plaintes dans les vieux pays, plus expérimentés que le Canada, il y à lieu de croire que cette paralysie, dont les jeunes talents parmi nous semblent frappés quelquefois, n’est pas une maladie contractée sous le toit du collége.
On nous montre, il est vrai, des enfants qui avaient d'assez bonnes dispositions lorsqu'ils ont abordé Lhomond, et qui sont sortis du collége presque stupides; huit années d'études, au lieu d'en faire des esprits actifs, ont tué leurs facultés. Mon Dieu! c'est un malheur assurément; mais ces faits isolés ne permettent pas de conclure, er thèse générale, qu'on perd Pesprit sur les bancs de l'école. Il v à des estomacs qui ne peuvent supporter les truffes : doutet-on pour cela que les truffes ne soient excellentes choses ? On dit seulement que certaines personnes ont le malheur de n’en pouvoir manger.
Voyons si la preuve justifie cette pré somption déjà très-forte par elle-même.
À sa sortie du collége, le jeune homme possede des notions élémentaires et géné- ‘ales sur les principales branches des connaissances humaines, et peut aspirer à être.
dans un avenir assez prochain, avocat.
notaire ou médecin. Ce qui lui manque alors, ce n'est pas l'amour du travail, ni l'esprit d'initiative ; il a le cœur de bouleverser les bibliothéeques, et assez d'audace pour parler en public : ce qui lui manque.
c'est la modestie, c'est la connaissance de sa force, de sa valeur réelle. On demandait à unoratet r célebre s'il se sentait éloquent : ‘ Oui, dit-l, si je me compare ; non, si je me juge.” L'écolier ne sait point se juger, il se compare toujours. Or, l'état de l'instruction publique est tel chez nous que celui qui a fait un cours d’études se trouve, avec ses seules connaissances élémentaires.
au-dessus du niveau commun. [Il promène ses regards autour de lui, et il aperçoit des avocats qui n'ont jamais appris la logique, des notaires qui ne savent pas le français, des médecins qui ne sauraient lire Virgile :
—tandis que lui,
Il sait, le savant homme !
: Presqu'autant de latin qu'un savetier de Rome.