‹ Lecture pour tous [microforme]Chapitre 19 sur 38 · PP CET · texte numérisé non relu

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l'étude est plus attrayante que le calcul, mais il à appris les chiffres et il pourrait ètre promptement un homme d'affaires.

C’est la faute des parents s'il tourne le dos au commerce, où il ferait fortune, pour adopter la carritre des professions, qui lui procurera à peine cette aurea mediocrilas que le bonheur n'accompagne plus aussi infailliblement que du temps d'Horace.

Montaigne a dit que l'œuvre de l'éducation n'est pas tant de meubler l'esprit que de le forger.

En effet, former l'esprit, le faconner au travail, l'assouplir, le rompre à l'exercice, c'est doubler ses forces, c'est lui donner la vie : Le charger, l'emplir, le bourrer, c’est le paralvser, peut-être le tuer. L'esprit n'est pas un magasin, mais plutôt un outil, dont il faut apprendre à se servir. On ne cherche pas la séience chez lPélève, mais l'aptitude. Que sait-:1? c'est secondaire, en quelque sorte. Que peut-il entreprendre ?

voilà la grande question. C'est celle que résout le collége.

in un mot, le jeune homme qui termine son cours n’est pas un savant, tant s’en faut ;

mais il a recu la clef des sciences. On lui a appris les éléments de toutes choses ; il n’a encore rien approfondi, mais ilentrevoit déjà les trésors que de nouvelles études lui permettront de s'approprier. Et vous croyez qu'ayant reçu la clef, l'enfant n'aura pas la curiosité d’ousrir la porte ! Allons ! dites que le cœur n'est pas du côté gauche, et n’en parlons plus.

En entrant dans le monde, l'écolier a la curiosité et le désir de tout savoir ; ce qui émousse ce désir et cette curiosité, c'est l’adulation qu'on lui prodigue, c'est l'admiration dont il s'éprend pour lui-même en se comparant aux autres. Le coliége lui avait donné les meilleures dispositions, le monde les lui Ôôte peu à peu ; lui-même se gâte pour les perdre, et c'est ainsi que, de curieux d'esprit qu'il était en sortant des mains de ses professeurs, on le retrouve paresseux d'esprit trois ans après.

Or, cette paresse explique tous les autres défauts, et le collége n'est pas plus responsable de ces défauts que de cette paresse,

Qu'arrive-t il en effet ? Il arrive que le jeune homme, n'étudiant plus, est obligé

de vivre exclusivement sur son fonds de connaissances classiques, et que le jour où ce fonds est épuisé, il fait banqueroute intellectuelle et emprunte au voisin pour se maintenir en commerce d'idées avec le monde. Doué d'un talent original et soutenu par cette activitéjuvénile qui parfois tient lieu de qualités plus solides, il à su exploiter avec profit son petit patrimoine collégial et faire assez bonne contenance durant quelques années: mais ce patrimoine avait besoin d'être entretenu, réparé. enrichi; faute de quoi ilest devenu stérile.

Faute de cultiverla nature et ses dons,

O combien de Césars deviendront Laridons !

Tel est le secret de ces carricres avortées qui déroutent nos espérances et nos calculs.

Ce brave garcon que l’on à connu si vert et si vigoureux à ses débuts, pourquoi n'at-il pas tenu ce qu'il promettait ? pourquoi n'a-t-il plus cette fraicheur d'intellisence qui rendait sa parole si vive, sa pensée si lucide ? Il n’a pas étudié. Pourquoi n'a-t-1l plus cette originalité qui caractérisait ses jugements et sa discussion ? Il n’a pas étudié ; son esprit, manquant d'aliments, est tombé en langueur, et, ne pouvant plus

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