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RÉSUMÉ DES TRAVAUX DE QUELQUES ANTIQUAIRES

Nous apprenons sur les bancs de l’école que Christophe Colomb découvrit l’Amérique le 12 octobre 1492, et il n’est pas d'événement historique plus universellement admis. Mais des études contemporaines prouvent que Colomb n’a fait que retrouver un continent perdu depuis des siècles pour le reste de l'univers.

L'auteur des Us et coutumes de la mer, cité par Garneau, va mème plus loin. ‘ Les grands profits, dit-il, et la facilité que les ‘ habitants du Cap-Breton près Bayonne, ‘et les Basques de Guyenne, ont trouvé ‘à la pêcherie de la baleine, ont servi de ‘ leurre et d’amorce, à les rendre si hasar- ‘ deux en ce point, que d’en faire la quête ‘ sur l'Océan par les longitudes et latitudes

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‘ du monde. A cet effet ils ont ci-devant ‘équippé des navires pour chercher le ‘ repaire ordinaire de ces monsires. De ‘* sorte que, suivant cette route, ils ont ** découvert, cent ans avant les navigations ‘‘ de Christophe Colomb, le grand et le ‘ petit banc de morues, les terres de Terre- ‘ neuve, de Cap-Breton et de Bacaleos (qui 6 est à dire morue en leur langue), le Canada, ‘ ou Nouvelle-France: et si les Castillans n'avaient pris à tâche de dérober la gloire ‘aux Francais, ils avoueraient, comme ont ** faitChristophe Witiliet et Antoine Magin, ‘ vosmographes Flamands, ensemble Frs.

‘ Anloine de S. Roman, religieux de S.

** Benoit (Historia general de la India, Liv. L “€ Chap. 1j. p. 8), que le pilote, lequel porta ‘ la première nouvelle à Christophe Colomb, & & lui donna la connaissance et l'adresse ‘de ce monde nouveau, fut un de nos ‘* Basques Terreneuviers.”

Disons pourtant que les travaux modernes n'enléventrien àla gloire de l'illustre découvreur, Lorsque, le 3 août 1492, Colomb prit la mer à Palos en Espagne, et cingla vers l'Ouest, non-seulement il allait à des horizons inconnus, mais il agissait à l'encontre

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données de la science, qui enseignait que la terre était plate. Toutes les idées recues dénoncaient sa folie, et durant une longue traversée de soixante-dix-jours, il eut à lutter contre les craintes superstitieuses de ses compagnons eux-mêmes, qui s'attendaient sans cesse à tomber au milieu de dangers imprévus. Il fallait pour cette entreprise l'assurance d'un novateur de génie et le courage indomptable d'un héros. Certaines traditions vagues, les récits à demi-mythologiques des anciens ont pu fixer sa pensée, provoquer ses réflexions : il n'en garde pas moins le plein mérite personnel d'une véritable découverte faite, non par hasard, mais en vertu d'un projet orinal et défini. Il n'avait à peu près rien pour se guider; il dut chercher en luimème les éléments de ses calculs.

Mais un résu: e quelques-unes des dernières rec’ :s sur l'antiquité américaine pourra, .oique incomplet, intéresser le lecteur.

Les traditions pré-historiques des Egvptiens font mention d'une grande île appelée

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Atlantide, dans le Grand Océan à l'ouest des colonnes d'Hercule, et Platon, dans ses DNalogis, parle de la mer Atlantique qui ‘environnait un grand espace de terre ‘* situé vis-à-vis de l'embouchure du détroit ‘appelé les colonnes d'Hercule, C'était, ajoute-il, une contrée plus vaste que * l'Asie etla Lybie ensemble, De cette con- * trée au détroit il y avait nombre d'autres iles plus petites. Ce pays dont je viens ‘* de vous parler, on l'ile Atlantide, était ‘* gouvernée par des souverains réunis.

Dans une expédition, ils s'empartrent, * d'un côté, de la Lybie jusqu'à l'Egypte, “et, de l'autre côté, de toutes les contrées ‘jusqu'à la Tirrhénie, Nous fñmes tous esclaves, et ce furent nos aïeux qui nous * rendirentla liberté : ils conduisirentleurs “flottes contre les Atlantes, et les défirent : ‘* mais un plus grand malheur les attendait.

* Peu de temps après. leur île fut submer-gée, et cette contrée, plus grande que

‘* l'Europe et l Asie ensemble, disparut en un clin d'œil. °

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Ce n’est là qu’une tradition, mais: elle est confirmée par les anciens Livres mexicains, et les découvertes des ruines

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tueuses d'Izamal, Chicken -Itza, Uxmal, Mitla et Palenqué, ne laissent aucun doute sur le fait que l'Amérique a été jadis le théâtre d’une civilisation tres-avancée. On trouve dans ces ruines des pierres couvertes d'hiéroglvphes, des restes d’édifices immenses, des pyramides, des idoles, des bas-reliefs d'un travail remarquable. etc.

Comment se peut-il que nous ne connaissions pas le nom des peuples qui ont érigé ces monuments ? N'’a-t-1l pas fallu, pour en effacer ainsi jusqu'au souvenir, une catastrophe subite qui, en supprimant du coup une nation tout entière, n'aurait laissé aucun vestige apparent de ses œuvres ?

‘ Si l'on découvre un jour, ainsi qu'il est ‘à croire, dit M. Gabriel Gravier, * qu'une ‘ grande île existait jadis à l'endroit où dort maintenant la mer de Sargasse, on “identifiera la catastrophe qui détruisit « l'Atlantide avec celle qui plongea dans « les flots une partie notable de l'Amérique, ‘on admettra sans peine comme probables, «sinon comme certains, les longs rapports

* Découverte de l'Amérique par les Normands au Xe siècle. Paris, 1874.

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