ADIEUX DE JEANNE D’ARC
Adieu, vallons et pâturages!
Adieu, frais ruisseaux, verts gazons!
Adieu, solitaires ombrages!
Adieu, tranquilles horizons!
Je n’irai plus sous les vieux chênes,
Seule et rêvant; je n'irai plus,
Au doux bruit des cloches lointaines.
Écouter le soir dans nos plaines L’écho mourant de l’Angélus !
Jeanne s’en va, temple de la prière .
Où Dieu m’apprit à le bénir,
Jeanne s’en va, pauvre chaumière Dont chaque pierre Était un souvenir;
Murs où naquit ma sœur, chambre où mourut mon frère. Foyer, jardin, maison, et loi, ma pauvre mère.
Hélas! Jeanne s’en va pour ne plus revenir!