‹ Lectures a l'AcademieChapitre 125 sur 200 · ADIEUX DE JEANNE D’ARC · texte numérisé non relu

ADIEUX DE JEANNE D’ARC

L’ardeur qui loin de toi m’entraîne Ce n’est pas, cher et doux pays,

Un vain désir de gloire humaine :

L’Esprit commande, j’obéis!

Celui qui descendit de la montagne sainte,

Celui qui, du milieu dos flammes d’un buisson. Interpella Moïse, et, gourmandant sa crainte,

Lui dit : Marche vers Pharaon !

Celui qui, pour briser l’orgueil des idolâtres, Choisit pour son champion l'humble fils de Béthlé, Celui qui fut toujours propice aux pauvres pâtres, Dans l’ombre des forêts celui-là m’a parlé !

« Aux soins d’une main étrangère,

« M’a-t-il dit, laisse tes agneaux ;

« Demain, en d’autres champs, bergère,

« Tu vas guider d’autres troupeaux.

« L’acier d’une cotte de mailles « Pèsera sur ton faible sein,

« Et le gant de fer des batailles « Chargera ta débile main.

« Pour toi, jamais d’amour! ton âme « Jamais d’une terrestre flamme « Ne brûlera, même à l’autel 1...

« Jamais tes yeux ne verront luire « De l’hymen le jour solennel,

« Et nul enfant au doux sourire « Ne s’épanouira sur ton sein maternel...

« Mais libre par toi, ta patrie,

« Relevant sa tète flétrie,

« Enfin respirera, par toi,

« Du joug de la race étrangère.

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