ACTE I
D. LO PE Z
Vain effroi !
LE PRINCE
Flétrir ce magnanime!
Nullement; l'employer. Je veux qu’il soit sublime,
Mais à notre profit; c’est même au sien : il faut Qu’on se vende une fois pour savoir ce qu’on vaut. Parlons sans raillerie, et disons tout : mon prince,
Un tel liomme conquis vaut plus qu’une province;
Le Mexique perd tout, l’Espagne gagne un Cid,
Mieux qu’un Cid, un Gonzalve; et la cour de Madrid. .
LE PRINCE, résolûment.
Quels pouvoirs vous faut-il ?
Ahl Eh bien, Excellence...
Sachez-le... du succès j’ai déjà l’espérance...
Il est ici !
LE PRINCE
Qui donc ? Guerrero?
D’aujourd’hui.
LE PRINCE
Dans ces murs où sa tête est proscrite... lui ?
LE PRINCE
Lui.
Pourquoi?
Ce soir, malgré votre prière instante, Le duc était absent.
GUERRERO
LE PRINCE
Pour sa fille mourante.
D. l.OPEZ, avec un accent marqué.
C’est là qu’est le secret et peut-être l’espoir.
Sa fille meurt d’un mal qu’on ne peut concevoir;
Et lui, sur son chagrin un tel mystère plane,
Qu’on doute si pour elle il tremble, ou la condamne !
LE PRINCE
Qu’a de commun ce deuil avec nos intérêts?
D. LOPF.Z.
Guerrero dans ces lieux, des indices secrets, Quelques mots d’AIméra, cette étrange souffrance, * Tout, jusqu’au médecin nourrit ma défiance.
Ce médecin nous cache un proscrit mexicain,
Et...
LE PRINCE
Silence 1... Le duc.
I). LOPEZ, regardant dnns la coulisse.
Avec le médecin.
Pleins pouvoirs?...
LE PRINCE
Pleins pouvoirs.
D. LOPEZ, sortant.
Rien.
LE PRINCE, allant au duc qui entre.
Quel espoir vous reste V
LE DUC, montrant lo médecin.
J’attends...
Le prince fait un mouvement pour dire « je vous laisse » et sort.