SCÈNE DIX-HUITIÈME
VALENTIN E, à part.
A présent que je n’ai plus d’effroi...
Ce visage attristé me fait mal.
MAURICE, à part, avec force.
Voici l’heure !
Il me faut emporter son âme... ou que j’y meure!
S’asseyant malgré lui.
J'aurai du mall
VALENTINE, allant 4 lui.
Mon Dieu ! comme vous pâlissez 1
Rien! j’ai couru peut-être à pas un peu pressés Pour vous calmer plus tôt...
VALENTINE
, Au sujet de mon frère?
Et pas un mot de moi, pas un mot de mon père!
Vous pâlissez encor 1
MAURICE
C’est possible... Ce coup...
VALENTINE
Comment?...
MAURICE
Ce mariage annoncé tout à coup...
VALENTINE
Oh ! ne me dites pas que c’est cette nouvelle 1 Après ce que je dois à monsieur Dufournelle,
Je suis heureuse et fière en lui donnant ma foi...
Mais penser que quelqu’un souffre à cause de moi,
Et surtout quelqu’un qui... comme vous... Ah! de grâce!
Pardonnez-moi le mal qu’il faut que je vous fasse !
MAURICE
Eh I quoi, mademoiselle?
VALENTINE
Et pour qu’en votre cœur Ce jour ne compte pas comme un jour de malheur, D’une enfant écoutez la voix! A ma prière,
Ouvrez à vos talents quelque belle carrière;
Montez, montez au rang où déjà je vous voi,
Et que je puisse dire : Il est heureux sans moi I
Allons !
MAURICE, h part.
Après un silenoe
Une carrière 1... Hélas! mademoiselle, J’en avais une... 1
VAL ENTINE.
Vous?... Comment?
MAURICE
Une bien belle.
VALENTINE
Pourquoi l’avoir cachée ?...
MA URICE.
On ne m’eût pas compris; De cet état, je crois, on n’eût pas vu le prix.
VALENTINE
Quel est-il donc?
MAURICE
Depuis six ans je m’y prépare...
VALENTINE
Six ans! mais il veut donc un mérite bien rare?