FRAGMENT
UN MAITRE, UN ESCLAVE
La scène se passe dans un atrium dont les murs sont à demi renversés.
LE MAITRE
Charge-moi sur ton dos, esclave, je le veux,
Et hors de ces débris porte-moi.
L’ESCLAVE, froidement.
Je ne peux.
LE MAITRE
Depuis quand, vil esclave, en parlant à ton maître, Connais-tu ce mot-lk? Lorsque j’ordonne, traître,
Tu dois toujours pouvoir.
L’ESCLAVE, d’un ton calme et insouciant.
Pourtant, je ne peux pas;
UN MAITRE, UN ESCLAVE
Nul de nous hors d’ici ne portera ses pas...
Le maître veut s’élancer au dehors.
Oh! vos efforts sont vains 1 et sous ces voûtes sombres,
Le volcan nous enchaîne au milieu des décombres Jusqu’à ce que bientôt, sous ces murs renversés,
Il engloutisse enfin nos membres écrasés!
Il n’est donc plus ici de maîtres, ni d’esclaves;
Il reste seulement des lâches et des braves,
Car il s’agit de mort!
LE MAITRE, avec terreur.
Non... nous ne mourrons point;
Non , cela ne se peut.
l’esclave.
Le moment n’est pas loin !
Nous mourrons dans un jour... une heure... une seconde; Et le monde après nous n’en sera pas moins monde.
LE MAITRE
Sauve-moi de ces lieux... viens... tout mon corps fléchit... Viens... je t’affranchirai.
l’esclave.
Le volcan m’affranchit.
LE MAITRE
Tous mes biens sont à toi, j’en jure ma parole. l’esclave.
Caron pour me passer ne prendra qu’une obole.
LE MAITRE
Sauve-moi, Tullius,... tu seras mon client.