DROIT AU TRAVAIL ET DROIT A L’ASSISTANCE
leurs bras, de leur intelligence, d’exercer leur industrie, leur profession, conformémenl. à leur aptitude, à leur capacité, à leur goût, à leurs facultés, à leurs moyens? Alors le Droit au travail serait simplement la Liberté du travail, ou bien encore le Droit de travailler que Turgot proclamait dans ses mémorables édits de 1776 ; liberté du travail dont les économistes réclament l’application franche et complète; que la première Constituante a proclamée en partie, et à laquelle les gouvernements subséquents ont
de nouveau mis des entraves.
Turgot, ce type de l’homme de bien, du philosophe politique, de l’économiste aux affaires, mettait dans la bouche de Louis XVI les paroles suivantes :
« Dieu, en donnant à l’homme des besoins, en lui rendant nécessaire la ressource du travail, a fait du droit de travailler la propriété de tout homme, et cette propriété est la première, la plus sacrée et la plus imprescriptible
de toutes. »
Est-ce celle doctrine que les socialistes résument dans leur formule? Est-ce la condamnation des anciens droits féodaux perçus par la noblesse ou le clergé? Est-ce la condamnation des corporations, des jurandes et des maîtrises? Est-ce la suppression des inégalités, des monopoles, des privilèges, des règlements inutiles ou abusifs, de la tyrannie bureaucratique, de l’intervention administrative, des prohibitions et des tarifs réglementaires qui se sont glissés ou perpétu e tdans nos lois, et qui enchaînent à la fois le travail agricole, le travail industriel, le travail intellectuel et scientifique? En un mot, le Droit de travailler est-ce l’application du principe de Liberté et à.' Égalité dans le domaine du travail?
Si telle était la signification du Droit au travail, assurément il n’y aurait pas eu nécessité d’une nouvelle formule. Pour l’exprimer, il n’y aurait eu qu’à reprendre la formule de Turgot, ou bien ce mot si connu depuis 89 : la Liberté.