LE DROIT AU TRAVAIL ET LE DROIT A L’ASSISTANCE
(Joseplt Garuier)
Joseph Garnier, né à Breuil, dans le département des Alpes- Ma -ilimes, le 3 octobre 1813, mort à Paris le *23 septembre 1881, s’ei.t fait connaître par de nombreux travaux sur l’économie politique et par son zèle à la propager. Professeur de l’École des ponts et chaussées, secrétaire perpétuel de la Société d’écono nie politique, dont il fut l’un des fondateurs, rédacteur en chef du Journal des économistes, et dans les dernières années de sa vie, membre de l’Institut et sénateur, il fit de l’étude, de la iropagalion et de l’application des principes de la science écenomique, l’objet pour ainsi dire unique de sa vie. Il prit une part active aux associations formées pour la liberté des écl anges et pour la paix. Ses écrits sont caractérisés par l’ejactilude et la solidité du savoir, la clarté de l’exposition, uni! raison ferme, et sa fidélité aux enseignements des maîtres de l’économie politique, fidélité qu’il pousse jusqu’à la plus rigjureuse orthodoxie. Élève de Smith et de Say, il l’est aui si de Ricardo et de Malthus, et s’est porté le défenseur de leurs théories critiquées dans le sein de l’école même. Un Truité qui résume et formule les enseignements de la science classique, des Notes et petits traités qui forment à eux seuls un ou 'rage instructif, un livre sur le Principe de population où il déiend les propositions de Malthus contre les attaques, enfin un Traité des finances qui expose les éléments de cette science, ténoignent des services rendus par Joseph Garnier aux études économiques dont il a été un très efficace vulgarisateur.
}ue comprennent les socialistes par le Droit au travail? Est-ce le droit pour tous les citoyens de travailler de
( ) Tire du livre : Du principe de population
2° Ceux qui comprennent ou feignent comme les précédents, mais manquent d( courage ;
3° Ceux qui par irréflexion, ignorance, c incomplète, donnent à la formule un sen lement pas; qui ne croient pas à la logiqi populations ; qui croient au contraire qu les satisfaire par des clauses ambiguës.
Un jour M. Proudhon (M. Proudhon première espèce), discutant avec M. Goi du comité des finances, lui dit : « Oh I sieur Goudchaux, si vous me passez le je vous cède le Droit de propriété. » C( quelque retentissement : elles ont été trahison par tous les socialistes qui ne soit politique de dire la vérité. M. Proud si Ton admet le droit au travail, il faut de propriété.
Le droit au travail des uns est si bien priété des autres, qu’il ne se conçoit pa lation. Je demande du travail à la socié une autorité quelconque; avec quoi occuper mes bras, fournir des avances avec un Capital. Comment cette sociét curer ce capital? par l’impôt. Or, qu’i si ce n’est un prélèvement sur la pro y a-t-il besoin d’insister sur cette évi( c’est parce que la propriété des uns ù'impôt et salarie des percepteurs et ( avant d’alimenler le travail des autres gens se laissent prendre au sophisme
semblerait que l'impôt est un produit spontané de l’État, être réputé supérieur ét mystérieux, mais qui, en fait de subsides, se borne très simplement à demander aux contr buables ce qu’on réclame de lui.
Il est vrai que ceux à qui on fait toucher la chose du d(igt peuvent répondre que l’impôt ou la propriété de ceux-ci, destiné à faire travailler ceux-là, sera consacré à d(s emplois productifs capables de rembourser et au delà cette espèce d’emprunt forcé; ils peuvent répondre que le irs systèmes d’organisation donneront ces résultats, et ic. il faudrait m’arrêter sur les plans des divers communismes, sur ceux du fouriérisme et autres. Je me borne à dire que le jour où on me montrera quelque part des phalanstères et des communautés, des monastères ou des cc mbinaisons d’associations quelconques en prospérité, et le> populations libres empressées d’y accourir, ce jour je tr)uverai naturel et inutile qu on mette dans la Constitution une promesse facile à tenir et qui n’aura plus le moindre danger; car alors les hommes sauront bien que le Droit au travail des uns est le sacrifice de l’avoir des ai 1res ; car, à celte époque, ce partage sera tout à fait de leir goût, et fera partie de la nature humaine dès lors tctalement changée.
Je ne m’arrêterai pas aux socialistes de la seconde espece, qui comprennent la formule et qui en enveloppent le sens dans des circonlocutions littéraires, sentimentales et politiques, et suffisamment insidieuses pour faire prendre le change aux auditeurs inexercés. Convaincre n’est pas leur affaire; ce qu’il leur faut, c’est agiter.
Les variétés des socialistes de la troisième espèce, des sccialistes sans principes arrêtés, sans boussole, sont infinies, et les définitions qu’ils ont données du Droit au travail sont également innombrables. Chacun d’eux, niant le droit absolu, est obligé de s’accrocher à un point quel- C(»nque de l’échelle de relation, les uns plus haut, les