DROIT AU TRAVAIL ET DROIT A L’ASSISTANCE
autres plus bas; mais, leurs propositions ne résistant pas à l’épreuve d’un raisonnement tant soit peu serré, ils sont forcés de se rallier au Droit au travail proprement dit, ou de nier ce droit, à moins qu’ils ne s’échappent par une
inconséquence. i
Je raisonne autrement que M. Louis Blanc ; mais je pense comme lui, et avec Malthus (M. Louis Blanc serait bien étonné d’être en communion d’idées avec Malthus!), que le droit à l'assistance n’est autre chose que le droit au travail^ et que la proclamation de ce droit engage la société dans des difficultés, dans des impossibilités tout à fait sembables à celles qui dérivent du droit au travail. Qui dit Droit dit que celui qui a ce droit, que celui à qui l’assistance est due, peut sommer la société et le gouvernement qui la repiésente de lui donner cette assistance. Or comment payer cette assistance due ? Par 1 impôt . et l’impôt, encore une fois, est-ce autre chose que la propriété V Ainsi droit au travail, droit à l’assistance, droit à la propriété d’autrui, sont au fond synonymes. Les Anglais l’ont bien compris. Une fois le principe posé dans la loi des pauvres, ils en ont accepté toutes les conséquences pratiques jusqu’à ce que l’expérience leur ait ouvert les yeux et les ait engagés à rebrousser chemin, ce qu’ils ont déjà tenté par la réforme de 1834, et ce qu’ils ont beaucaup de peine à réaliser. Or savez-vous jusqu’où allaient ces conséquences? Dans la séance des communes du 13 décembre 1830, un député signalait cinquante familles de la Cité qui avaient été obligées de vendre leur mobilier pour acquitter la taxe des pauvres. Depuis 1834, année à partir de laquelle le Parlement a mis quelques restrictions au droit à l’assistance, la taxe des pauvres a coûté de quatre à six millions de livres, ou cent à cent cinquante millions de francs. Mais le chiffre de la dépense n’est que le moindre des arguments ; et, bien que je ne
veuille et que je ne puisse pas traiter la question ici, je raDpellerai que la taxe des pauvres a produit pour résulta s généraux : la multiplication des pauvres, l’imprévcyance des populations, leur démoralisation, et fînalem3nt la baisse des salaires, le pauvre faisant entrer en li^ ne de compte le revenu assuré qu’il touche du bureau* d( charité.