‹ Lectures choisies d'économie politique [microform];Chapitre 24 sur 69 · LA MONNAIE · texte numérisé non relu

LA MONNAIE

(Turgot)

Tou/e marchandise a les deux propriétés essentielles de la monnaie, de mesurer et de représenter toute valeur; et

dans ce sens, toute marchandise est monnaie.

Ces deux propriétés de servir de commune mesure de toutes les valeurs, et d’être un gage représentatif de toute marchandise de pareille valeur, renferment tout ce qui constitue l’essence et l’utilité de ce que l’on appelle monnaie ; et il suit des détails dans lesquels je viens d’entrer que toutes les marchandises sont à quelques égards monnaie et participent à ces deux propriétés essentielles, plus ou moins à raison de leur nature particulière, loutes sont plus ou moins propres à servir de commune mesure à raison de ce qu’elles sont d’un usage plus général, d’une qualité plus semblable, et plus faciles à se diviser en parties d’une valeur égale. Toutes sont plus ou moins propres à être un gage universel des échanges, à raison de ce qu’elles sont moins susceptibles de déchet et d’altération

dans leur qualité.

Réciproquement, toute monnaie est essentiellement marchandise.

On ne peut prendre pour commune mesure des valeurs que ce qui a une valeur, ce qui est reçu dans le commerce en échange des autres valeui s; et il n y a de gage universellement représentatif d’une valeur qu une autre valeur égale. Une monnaie de pure convention est donc une chose impossible.

(1) Tiré de son essai sur la Formation et la distribution des richesses.

Les métaux^ et surtout l'or et l'argent, y sont plus protres qu'aucune autre substance, et pourquoi?

Nous voici arrivés à rintroduction des métaux précieux dans le commerce. Tous les métaux, à mesure qu’ils ont été découverts, ont élé admis dans les échanges à raison de leur utilité réelle : leur brillant les a fait recaercher pour servir de parure; leur ductilité et leur s Dlidité les ont rendus propres à faire des vases plus durahles et plus légers que ceux d’argile. Mais ces substances re purent entrer dans le commerce sans devenir presque aussitôt la monnaie universelle. Un morceau de quelque r létal que ce soit a exactement les mêmes qualités qu’un autre morceau du même métal, pourvu qu’il soit également pur. Or, la facilité qu’on a de séparer, par différentes opérations de chimie, un métal des autres métaux avec lesquels il serait allié, fait qu’on peut toujours les réduire au degré de pureté ou, comme on s’exprime, au titre qu’on veut, alors la valeur du métal ne peut plus différer que par son poids. En exprimant la valeur de chaque marchandise par le poids du métal qu’on donne en échange, on aura donc l’expression de toutes les valeurs 1 1 plus claire, la plus commode et la plus susceptible de précision, et dés lors il est impossible que dans 1 usage on r e la préfère pas à toute autre. Les métaux ne sont pas moins propres à devenir le gage universel de toutes les ^aleurs qu’ils peuvent mesurer; comme ils sont susceptibles de toutes les divisions imaginables, il n’y a aucun cbjet dans le commerce dont la valeur, petite ou grande, r e puisse être exactement payée par une certaine quantité ce métal. Acetavantage de se prêter à toutes sortes de civisions, ils joignent celui d’être inaltérables, et ceux qui SDnt rares, comme l’argent et l’or, ont une très grande valeur sous un poids et un volume très peu considéra- Ues.

Ces deux métaux sont donc de toutes les marchan-

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