‹ Lectures choisies d'économie politique [microform];Chapitre 25 sur 69 · LA MONNAIE · texte numérisé non relu

LA MONNAIE

dises les plus faciles à vérifier pour leur qualité, à diviser pour leur quantité, à conserver éternellement sans altération, et à transporter en tous lieux aux moindres frais. Tout homme qui a une denrée superflue, et qui n’a pas dans le moment besoin d’une autre denrée d’usage, s’empressera donc de l’échanger contre de l’argent, avec lequel il est plus sûr qu’avec toute autre chose de se procurer la denrée qu’il voudra au moment du besoin.

L'or et l'argent sont constitués, par la nature des choses, monnaie et monnaie universelle, indépendamment de toute convention et de toute loi.

Voilà donc l’or et l’argent constitués monnaie et monnaie universelle, et cela sans une convention arbitraire des hommes, sans l’intervention d’aucune loi, mais par la nature des choses. Ils ne sont point, comme bien des gens l’ont imaginé, des signes de valeur ; ils ont euxmêmes une valeur. S’ils sont susceptibles d’être la mesure et le gage des autres valeurs, cette propriété leur est commune avec tous les autres objets qui ont une valeur dans le commerce.

Ils n"en dilfèrent que parce qu’étant à la fois plus divisables, plus inaltérables et plus faciles à transporter que les autres marchandises, il est plus commode de les employer à mesurer et à représenter les valeurs.

Lés autres métaux ne sont employés à ces usages que subsidiairement.

Tous les métaux seraient susceptibles d’être employés comme monnaie. Mais ceux qui sont fort communs ont trop peu de valeur sous un trop grand volume pour être employés dans les échanges courants du commerce. Le cuivre, l’argent et l’or sont les seuls dont on fait un usage

habituel.

Et même, à l’exceplion de quelques peuples auxquels ni les mines ni le commerce n’avaient encore pu fournir une quantité suffisante d’or et d’argent, le cuivre n’a

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amais servi que dans les échanges des plus petites vaeurs.

L'usage de Fargent a beaucoup facilité la séparation des îivers travaux entre les différents membres de la société.

Plus l’argent tenait lieu de tout, plus chacun pouvait, m se livrant uniquement à l’espèce de culture ou d’iniustrie qu’il avait choisie, se débarrasser de tout soin 30ur subvenir à ses autres besoins, et ne penser qu’à se Drocurer le plus d’argent qu’il pourrait par la vente de ses fruits ou de son travail, bien sûr, avec cet argent, d’avoir tout le reste : c’est ainsi que Tubage de l’argent a prodigieusement hâté les progrès de la société.

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