‹ Lectures choisies d'économie politique [microform];Chapitre 47 sur 69 · SUR LES PAUVRES OUVRIERS (I · texte numérisé non relu

SUR LES PAUVRES OUVRIERS (I

(Benjamin Franklin)

Monsieur (2),

Depuis deux ans je vois dans les journaux beaucoup d’invectives contre la dureté du riebe , beaucoup de plaintes sur l’oppression dont souffrent les pauvies ouvriers, en ce pays. Youlez-vous me permettre un mot, ou deux, sur l’autre côté de la question? Je n ai pas 1 intention de me faire l’avocat de l’oppression ni des oppresseurs. Mais quand je vois qu on anime le pauvre contre le riche, qu on le pousse à des insuirections qui font beaucoup de mal, et où plus d’un perd la vie, je voudrais qu’on comprît mieux le véritable état des choses, que des écrivains remuants ne rendissent pas le pauvre plus malheureux que ne le comporte sa situation, et qu’on ne déshonorât pas la nation aux yeux de 1 etrangei par des accusations publiques qui n ont pas de fondement, comme s'il était vrai qu’en Angleterre le riche n’a point de pitié pour le pauvre, et que les Anglais manquent

d’humanité.

En bonne justice, laissez-moi remarquer que la condition du pauvre est meilleure ici que dans tout le reste de l’Europe. Car si l’on excepte l’Angleterre et ses colonies

(l) Matière le caractère un peu américain de ce morceau, il renferme tant de vérités utiles et opportunes à l’adresse des ouvriers de 1 ... îrt Irt /*t»aÎc tmit h fait h sa nlace dans un Recueil

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américaines, il n’y a aucun pays au monde, non pas meme 1 Ecosse et l’Irlande, où la loi s’occupe de souteLr le pauvre. Partout ailleurs la nécessité réduit à la mendicité. Cette loi n’a pas été faite par le pauvre. Les législateurs étaient des gens riches. Par cette loi ils ont volontairement soumis ieurs biens et ceux d’autrui au payement d une taxe destinée à l’entretien du pauvre; àcet effet ils

0 nt chargé leurs propriétés d’une espèce de rente foncière et le pauvre se trouve avoir une part d’héritage dans tous les biens des riches. Je voudrais que cette gé-

que

1 était 1 intention qui l’a dictée et qui la maintient. Mais je crains qu assurer aux hommes, dans l’âge ou la maladie, un secours qui vienne d’aulre chose que de l’industrie ou de l’économie pendant la jeunesse et la santé, ce soit flatler notre indolence naturelle, encourager notre paresse et notre prodigalité, et par cela même favoriser et accroître la pauvreté. On irrite ainsi le mal même qu’on

veu guérir; au lieu de diminuer les mendiants, on les multiplie.

En outre de cette taxe, à laquelle les riches se sont soumis en faveur des pauvres, et qui en certains endroits monte à cinq ou six shillings sur chaque livre sterling de revenu annuel, les riches ont, au moyen des donations et des souscriptions, élevé de nombreuses écoles en divers points du royaume ; là les enfants des pauvres apprennent gratis à lire et écrire; et dans beaucoup de cesTcolest enfants sont nourris et habillés. Les riches ont encore e ei e avec des frais immenses des hôpitaux où l’on reçoit et 1 on soigne les malades, les estropiés, les blessés, les fous, les femmes en couche, les enfants abandonnés. Nous voyons des souscriptions continuelles pour réparer les pertes occasionnées par l’incendie, l’orage, le Lufrage, et pour aider le pauvre en temps de disette ou de froid.

I ai e chanté aucune nation ne nous surpasse. Tant

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