‹ Lectures choisies de ChateaubriandChapitre 11 sur 302 · XX NOTICE SUR LA VIE ET L OEUVRE · texte numérisé non relu

XX NOTICE SUR LA VIE ET L OEUVRE

tant sont hardit^s les notes de Vexemplaire confidentiel, elles vont jusque la. Uu Christ, il avoue que c'est un « homme extiaordinaire .>;du christianisme il fait, et bi^n plus à la façon de Voltaire qu'à celle de Rousseau, la critique la plus mes(iuii>e< et il intitule un chapitre (II, lv) : Quelle sera la ri'iujion qui remplacera le christianisme? Des prêtres il va jusqu'à écrire : « Il y a des hommes qui font le métier de vampires, qui vous sucent de l'argent, le sang ■ et jusqu'à la fnusée » ^.

Pour les lioiu mes, ses frères, il a quelque pitij et beaucoup de mépris. Aux infortunés, infortuné lui-même, il adresse ces règles de conduite: cacher ses pleurs, s'isoler entièrement, s'élever plus le malheur nous abaisse (« l'orgueil est la vertu du malheur » ) : il ne recommande que ces deux passions faiblement consolantes, la passion delà botanique, qu'il réduit à la contemplation attendrie de la nature, à l'étude de ses symboles, la passion des romans « les vrais livres des malheureux, » Jean-Jacques en ses Confessions n'est pas plu> amer : c'est déjà tout René avec son dégoût de la vie et le sentiment profond de l'inutilité de l'effort. Et ce ne S'ut pas les seuls défauts de l'œuvre : elle est encore prétentieuse et vide, insupportable par l'étalage du « moi ■) ^, incohérente et confuse, tant sont nombreuses les avisions, écrite dans une forme oratoire que gâtent les procédés de la fausse rhétorique, l'abus des anglicismes et di's archaïsmes. Pourtant déjà s'y rencontrent des pages qui -^ont d'un grand artiste : paysages lumineux et larges, impre.-sinns personnelles et neuves, élévations presque religieu:^es: déjà s'v affirme une imagination créatrice

' Voy. encore 11° partie, ch. xuix : « L'esprit dominant du sacerdoce doit èlre l'égoïsme. » — « Autre liait général du caractère des (iiiHre-, le fanatisme. » — « La haine doit dominer chez les prèlrp^ parce qu'ils forment un corps. » Voy. Notes du ch. Liv, Le vuijige aux Açores : l'aventure de M. T.,., la descente à l'île Gracioza. le tout, assez peu spirituel et fort teinté d'anticléricaliijine.

3 Préf. Ed. 1826 n Si le moi y revient souvent, c'est que cet ouvrage a d'aimrd été entrepris pour moi et pour moi seul. — Le moi se lait lemarquer chez tous les auteurs qui, pcî^cutés des hommes, ont passé leur vie loin d'eux. >-

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