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de types et de formes, un goût rare de l'harmonie et dv nombre '.
Commencé en 1794, l'Essai n'avait e'té achevé' qu'en 1797. Il fut presque ii;noré du public : en France, il ne fit aucun bruit; à Londres, il ne valut à l'auteur que la curiosité un peu étonnée de quelques émigrés.
Fontanes fut le seul à devinerqu'ungrand écrivain était né : « Travaillez, travaillez, lui écrivait-il d'Allemagne, mon cher ami, devenez illustre, vous le pouvez. » Mais ces encouragements ne relevaient point Chateaubriand; et les notes de l'exemplaire confidentiel de l'Essai, écrites en 1798, trahissent encore le même pessimisme.
Sur ces entrefaites sa mère mourut, et la nouvelle de la mort de sa sœur Julie suivit de près la lettre qui lui annonçait ce coup funeste. Chateaubriand ne raisonna pas. 11 écouta « ces deux voix sorties du tombeau » qui le pressaient de renoncer à ses erreurs : il redevint chrétien. « Je n'ai point cédé, dit-il, j'en conviens, à de grandes lumières surnaturelles ; ma conviction est sortie du cœur: j'ai pleuré et j'ai cru. » Et comme en lui, de même qu'en tout homme qui a le tempérament d'écrivain, les sentiments se traduisaient par des projets de livres, il se mit à l'étude et prépara une nouvelle apologie du christianisme.
La conversion a paru brusque. Pour l'expliquer, inutile d'invoquer le coup de foudre de la grâce ou la mobilité de celte nature d'artiste, sensible au moindre souffle. Elle n'a été au fond qu'un retour à l'ancienne foi jamais oubliée : pour qu'il redevînt chrétien, il n'était besoin que d'une émotion 2. Mais cette émotion ne l'a ni renouvelé pour
' Préf. Ed. 1826 : « Le style a la verve de la jeunesse : il renferme tous les germes de ce quon a biec voulu traiter avec quelque indulgence dans mes écrits d'un âge plus mûr. — 11 y a mi-me un progrès sensible des premières pages de VEssai aux dernières. »
2 Même dans VEssai, il a gardé la croyance à l'exialence de Dieu, il estime l'utilité sociale du Christianisme; surtout il est demeuré fidèle au souvenir atteadri des cérémonies religieuses.