LE BAPTÊME
Voyez le néophyte au milieu des ondes du Jourdain ^i le solitaire du rocher verse l'eau lustrale sur sa tête ; le fleuve des patriarches, les chameaux de ses rives, le temple de Jérusalem, les cèdres du Liban paraissent allontifs, ou plutôt regardentce jeune enfant sur les fontaines sacrées. Une famille pleine de joie l'environne ; elle renonce pour lui au péché ; elle lui donne le nom de son aïeul, qui devient immortel dans cette renaissance perpétuée par l'amour de race en race. Dujà le père s'empresse de reprendre son fils, pour le reportera une épouse impatiente, qui compte sous ses rideaux tous les coups de la cloche baptismale. On entoure le lit maternel : des pleurs d'atten-
1 Le mot e.-l à relrnir : il définit à merveille et ce qu'avait conçu Chaleaubiiand et ce qu'il a réalisé.
2 En l'esprit de Chateaubriand l'idée du baptême éveille l'idée du Jourdain et des omlesnù Jean-Bopliste purifia Jésus : lorsque fut baptisé le duc de Bordeaux, Henri, fils du duc et de la duchesse de Berry, oe l'ut avec l'eau du Jourdain que Chalfnnluinnd avait rapportée de Terre-ïirainle.
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drissemeut et de religion coulent de tous les yeux; le nouveau nom de l'enfant, Tantique nom de son ancêtre, est répété de bouche en bouche ; et chacun, mêlant les souvenirs du passé aux joies présentes, croit reconnaître le vieillard dans le nouveau-né qui fait revivre sa mémoire. Tels sont les tableaux que présente le sacrement du baptême ; mais la religion, toujours morale, toujours sérieuse alors même qu'elle est plus riante, nous montre aussi le fils des rois dans sa pourpre, renonçant aux grandeurs de Satan, à la môme piscine où l'enfant du pauvre en haillons vient abjurer des pompes auxquelles pourtant il ne sera point condamné.