DE F,-R. DE CUATEAUBRIAND XXXI
convention)*. René, lui ne ressemble qu'à lui-même et à l'auteur qui l'a conçu. Oublions un moment l'amour d'Amélie qui n'est là que pour « l'accident singulier» et le fatal mystère ; oublions le dénouement en beauté du drame, c'est tout Chateaubriand que René avec sa mélancolie naturelle, son instinctif besoin de passion, et ce dégoût de la vie dont rien ne peut le guérir, ni le charme du rêve, ni les voyages et la contemplation des plus belles œuvre» de l'homme -.
Certes la mélancolie est vieille comme le monde. Le type de René ne l'a pas plus créée qu'il ne l'a fixée dans sa forme définitive : René rappelle les Rêveries d'un promeneur solitaire ou le Wej'ther de Goethe : il annonce en partie et l'Oberman de Sénancour et l'Adolphe de Renjamin Constant et le Childe-Harold de Byron et jusqu'à l'Antony de Dumas, le Joseph Delorme de Sainte-Beuve. Mais tel qu'il est, il est unique, il a ce mérite à part de représenter un état d'âme, el comme la maladie dusiècle.Ce qui le distingue, ce n'est pas tant la mélancolie qu'inspire le vide de toute chose, c'est ce désenchantement qu'il porte en lui dès ses premières années, cet ennui de vivre avant d'avoir vécu, cette recherche maladive d'un amour idéal qui s'accompagne d'impuissance d'aimer, ce désespoir hardi jusqu'au blasphème', cette joie cruelle et passionnée à entraîner une âme dans sa ruine, à s'enorgueillir de sa faiblesse et de ses larmes ♦.
1 Dans ces impressions d'un sauvage qui visite la France, il y a des choses singulières, il y en a de fort piquantes. Voyez en particulier : Chacias chez Ninon.
- Voy. Mémoires d' Outre-Tombe ^ I, i : Les années d'enfanct el de jeunesse.
3 ( Le sein nu et déchiré, les cheveux trempés de la vapeur dd In nuit, je croyais voir une femme qui se jetait dans mes bras:
lij me disait -. Viens échanger des feux avec moi et perdre la
il Mêlons des voluptés à la mort! Que la voûte du ciel nous
iche en tombant sur nous! » Lellre de René à sa femme Céluta. X'tlcheo.
'' '( Géluta, je vous ai tenue sur ma poitrine au milieu du désert. . [is les vents de l'orage, lorsque, après vous avoir poriée de liiulre côté d'un torrent, j'aurais voulu vous poignarder pour fixer