‹ Lectures choisies de ChateaubriandChapitre 20 sur 302 · DE F.-R. DE CUATEALBRIAND XXXIII · texte numérisé non relu

DE F.-R. DE CUATEALBRIAND XXXIII

rendre la poésie de la Rome antique, la poésie de la Rome des Papes, « inélropole du monde chrétien. » Mais avec son ambassadeur, le cardinal Fesch. oncle de Bonaparte, il fui vile eu mésintelligence : sans le crédit de ses amis, il était disgracié. Nommé ministre de la République près la Réiiulilique du Valais, il allait rejoindre son poste quand éclata la nouvelle de l'exéculion du duc d'Enghieii. Cet événement décida de sa vie : il rentra chez lui et envoya au premier consul une lettre de démission.

Dès lors, son attitude était arrêtée. Il fut, jusqu'à la chute de Tempereur, le mécontent qu'aucune mesure ne peut satisfaire, qu'aucune gloire ne peut désarmer. Il attendit, sûr de toute la force de sa haine et confiant dans la justice des choses, le retour de fortune qui devait chasser l'aventurier et restaurer la liberté de la France et de l'Europe.

C'est en vain que l'empereur, peu habitué aux longues indépendances, par des avances non simulées, essaya de le rapproclier de lui. Chateaubriand, tout flatté qu'il en fût, n'y répondit que par des froideurs ou des hostilités. Même lorsqu'il eut à solliciter la grâce de son cousin Armand de Chateaubriand, il ne sut point prier: il oublia qu'il est des circonstances où « il ne faut être fier que pour SOI. »

Ces années de retraite ne furent poin4; stériles. Il avait vu Rome, il s'y était appris à aimer la beauté sereine des œuvres classiques : il rêva d'une épopée en prose, classique de forme, moderne par l'emploi du merveilleux chrétien. Le cadre, ce devait être la Grèce, Rome, Jérusalem, les paysages les plus lumineux ou les plus grandioses du monde ; le milieu, cette époque du iv» siècle chrétien, où luttent, pour la conquête morale du monde, religions et philosophies, pour la possession de l'Empire, Rome défaillante etles Barbares chaque jour plus menaçants ; l'action, rien moins qu'après une dernière épreuve, le triomphe

fessantes mais trop courtes lettres à M. Joubert sur l'Italie. Ciialf^aubri nid avait eu rintention de les récrire avant de les publier, il n'en trouva pas ie temps.

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