Portrait du duc de Berry
Charles-Ferdinand d'Artois, fils de France, duc de
' Et aussi que, même chez les plus loris esprits, u est un recoin (rame où dort, toute prête à s'éveiller, une vague superstition.
l'oeuvre UISTORIQUE ET CRITIQUE 605
Berry avait la tête grosse, comme le chef des Capets, la chevelure mêlée, le front ouvert, le visage coloré, les yeux bleus et à fleur de tête, les lèvres épaisses et vermeilles. Son cou était court, ses épaules un peu élevées, ainsi que dans to'utes les grandes racos mili taires. Sa poitrine, où son cœur battait sans défiance et sans peur, offrait une large place au poignard. M^' le duc de Berry était de taille moyenne, de même que Louis XIV, car c'est une erreur de croire que Louis XIV était d'une haute stature : une cuirasse qui nous reste de lui et les exhumations de Saint- Denis n'ont laissé sur ce point aucun doute. Le prince dont nous venons d'écrire la vie avait la mine brave, l'air de visage franc et spirituel : sa démarche était vive, son geste prompt, son regard assuré, intelligent et bon, son sourire charmant. Il s'exprimait avec élégance dans le commun discours, avec clarté dans les affaire», avec éloquence dans les passions. On retrouvait dans M^'le duc de Berry le prince, le soldat, l'homme qui avait souffert, et l'on se sentait entraîné vers lui par une certaine bonne grâce mêlée de brusquerie, attachée à toute sa personne'. M»-" le duc de Berry avait passé une vie noble, mais oubliée; il ne lui fallut que quelques heures à la fin de sa dernière journée pour acquérir une gloire que cent triomphes ne lui auraient pas obtenue : récompensé à la fois sur la terre et dans le ciel de ses vertus humaines et de ses vertus chrétiennes, le même moment lui a donné l'immortalité et l'éternité.
' 11 fut, aux année.^ de la Restauration, de tous les princet de ia famille des Bourbons, le moins impopulaire.