‹ Lectures choisies de ChateaubriandChapitre 276 sur 302 · QUELQUES PAGES L'HISTOIRE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

QUELQUES PAGES L'HISTOIRE GÉNÉRALE

f. Études historiques. — Analyse raisonnes DE l'histoire de France (1831)

Les Éludes historiques présentent en six parties le tableau de la chute de TEmpire romain, de la naissance et des progrès du christianisme, de l'invasion des Barbares. L'auteur, c( après avoir dans le G('nie envisagé le christianisme sous les rapports poe'tiques et moraux, considère la même religion sous ses rapports philosophiques et historiques. »

Il ne se contente donc pas de raconter les faits : il les juge; il fait plus œuvre de philosophe que de peintre et l'historien.

Quant à VHistoire de France, elle se compose de trois parties : la première a pour titre : « Analyse raisonnée de l'Histoire de France depuis le règne de Khlovigh jusqu'à celui de Philippe VI dit de Valois »; la deuxième s'intitule : « Fragments »; la troisième : « Analyse raisonnée de l'Histoire de France depuis la bataille de Poitiers sous le roi Jean, en 1356, jusqu'à la re'volution de 1789. »

C'est race par race et règne par règne, l'histoire de la monarchie française, de ses origines à la chute de la maison de Bourbon. L'œuvre n'a point été composée aveo rigueur; elle est faite de pièces mal raccordées et dont

l'étendue semble avoir e'té déterminée plutôt par le caprice de l'auteur que d'après l'importance des faits : il s'y rencontre certaines considérations philosophiques ou historiques qui ne manquent point d'intérêt, certains tableaux traités avec largeur et d'une couleur assez juste.

Dans son ensemble, l'œuvre est considérable, elle embrasse une période de dix-huit siècles, elle est « le plus long travail de l'auteur, celui qui lui a coûté le plus de recherches, de soins et d'années, celui où il a peut-être remué le plus d'idées et de faits. » (Avant-propos, mars 1831).

Si Chateaubriand se faisait sur la valeur de son livre quelques illusions, il ne s'en faisait guère sur le succès qui l'attendait. « Il paraît, disait-il, lorsqu'il ne peut trouver de lecteurs ; c'est comme si je le jetais dans un puits où il va s'enfoncer sous l'amas de décombres qui le suivront. » Mais peut-être se trompait-il sur les causes de cet insuccès. Plus que les événements de 18.30, plus que la légèreté du public « qui a bien de la peine à lire le feuilleton d'une gazette », la faiblesse de l'œuvre l'explique. Ce n'est pas au moment où se succédaient des œuvres comme l'Histoire de la Révolution française de Thiers (1823-1827), VHistoire de la conquête de l'Angleterre par les 'Normands d'Augustin Thierry (1825), VHistoire de la Révolution d'Angleterre (1827-1828), et le Cours d'Histoire Moderne (1828-1830) de Guizot, VHistoire romaine de Michelet '1831), que pouvait plaire aux curieux d'histoire une œuvre où s'affirment moins les qualités de l'historien que celles de l'écrivain et de l'orateur.

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