‹ Lectures choisies de ChateaubriandChapitre 290 sur 302 · OUELQTIES PAGES DE CRITIQUE · texte numérisé non relu

OUELQTIES PAGES DE CRITIQUE

■iSSAl SUR LA LITTÊBATURE ANGLAISE (1836)

Chateaubriand, qui avait visité la partie orientale de l'Amérique du Nord, qui, au temps de son exil, avait passé huit ans en Anirleterre et plus tard « avait revu Londres comme ambassadeur après l'avoir vu comme émigré » savait l'anglais « autant qu'un homme peut savoir une langue étrangère à la sienne. » Il n'avait pas seulement la pratique de la langue parle'e, il avait aussi la science des idiotisraes, le sentiment des plus délicates nuances de la langue littéraire.

A cette connaissance que possédait Chateaubriand de la langue et de la littérature anglaises, nous devons la traduction du Paradis perdu de Milton et l'Essai sur ta littérature anglaise.

S'il traduisit l'œuvre de Milton, c'est qu'il la considérait comme l'une dos plus hautes de la poésie de tous les temps, l'une des mieux pénétrées de ce qu'il y a d'original dans le génie anglais, c'est sans doute aussi qu'il y trouva-il heureusement vérifiée sa théorie du merveilleux chrétien. 11 en fit non pas une traduction élégante, mais « une traduction littérale » dans toute la force du terme, une traduction « qu'un enfant et un poète pussent suivre sur le texte, ligne à ligne, mot à mot ».

Quant à VEsmi sur la Litt('rature anglaise, ce n'est autour des noms de Milton et de Shakespeare qu'une série d'étades isolées, mal rattachées l'une à l'autre, les unes ré-

l'oeuvre historique et critique 661

crites sur les premiers essais de Tauteur , d'nulres de composition plus récente, d'autres extraites des Mi'moireA encore manuscrits. Faite de pièces et de morceaux d'inégale étendue et de valeur inégale, l'œuvre est un peu incohérente : on voit trop que Fauteur « ne s'est pas collé à son sujet » et qu'il n'a pris la littérature anglaise que comme « fond de ses stromates ou canevas de ses broderies ' )'.

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