Henri VIII
Henri VIII était auteur en vers comme il l'était en prose : il jouait de la flûte et de l'épinette ; il mit en musique des ballades pour sa cour, des messes pour sa chapelle : il reste de lui un motet^, une antienne et beaucoup d'échafauds. N'était-ce pas un troubadour dune grande imagination que cet homme, le(iuel se servit d'une statue de bois de la Vierge pour matière du bûcher de l'ancien confesseur de Catherine d'Aragon : que cet homme qui manda à son tribunal !e cadavre de saint Thomas de Cantorbéry, le jugea, le condamna à mort, malgré la maxime de droit, no/j bis in idem; qui Ht lier des fagots sur le dos de cinq anabaptistes hollandais, et se donna le joyeu.x spectacle de cinq autodafés errants ? 11 eut un jour un beau sujet de sonnet romantique : du haut d'une colline solitaire du parc de Richemont, il épia la nouvelle du supplice d'Anne Boleyn ; il tressaillit d'aise au signal parti de la Tour de Londres. Quelle volupté I le fer avait tranché le cou délicat, ensanglanté les beaux cheveux auxquels le roi poète avait attaché ses fatales caresses.
' VEssai porte d'aillpurs en sous-titre : Considérations sur le génie des temps, des hummes et des révolutions.