‹ Lectures choisies de ChateaubriandChapitre 32 sur 302 · DE F.-R. DE CHATEAUBRIAND LI · texte numérisé non relu

DE F.-R. DE CHATEAUBRIAND LI

OU, passionnée, mélancolique (.a souriante; elle nous présente de Chateaubriand un portrait curieux et plein de rie, du temps où il a vécu, un tableau riche de couleur et de mouvement.

Par la vente de ses Mémoires (1836) * , Chateaubriand avait assuré le repos de ses derniers jours. L'amitié de Mme Récamier lui donnait ses dernières joies. Jusqu'au moment de la séparation, leur union de cœur resta la même. Il avait souvent souhaité de mourir avant son amie, il expira le 4 juillet 1848, une année après sa femme; il avait vécu assez longtemps pour voir, juste retour des choses, emportée par une révolution cette famille qu'une révolution avait, au mépris du droit héréditaire, élevée jusqu'au trône.

M">* Récamier ne lui survécut pas longtemps. Le 11 mai 1849, elle mourait à son tour.

Les funérailles de Chateaubriand furent telles qu'il les eût rêvées : à Paris, un simple service; à Sarnt-Maio, des obsèques rares : tout un peuple s'associant à ce deuil, el, décor suprême approprié à celui qui était mort, un orage accompagnant le transfert du corps à l'île du (Jrand-Be.

C'est là qu'il repose encore au milieu de l'Océan sur nu rocher battu par les flots.

Telle a été dans ses grandes lignes la vie de Chateaubriand, telle son œuvre.

Belle et imposante, bien que sans sérénité, cette vie ne vaut pas seulement par ce qu'elle a d'humain ou de mêlé aux graves événements de son temps, elle vaut par ce qui fait d'elle la vie d'un actif et d'un passionné, par tout ce qu'il y a eu dans ce tempérament d'oiiginal, de rare, d'unique : à aucun de ceux qui sentent, l'homme dont l'ennui a dévoré les jours, qui a crié si haut son mal que

■ Il les vendit à une sociélé d'actionnaire» pour la somme de 2r)0,000 francs et une pension viagère de 20,000 francs révertible en oartie sur la tête de sa femme.

Page 1