C'est le traîneau
5. Comparai.son appropriée. L'auteur a dit plus haut que h pays était " ''««bar. raisé par des forêts de pins et de bouleaui ».
bares vient toujours roulant vers les légions. Les légions s'ouvrent S changent leur front de bataille, attaquent à grands coups de pique les deux côtés du triangle de l'ennemi. Les vélites*, les Grecs et les Gaulois se portent sur le troisième côté. Les Francs sont assiégés comme une vaste forteresse*, La mêlée s'échauffe; un tourbillon de poussière rougie s'élève et s'arrête au-dessus des combattants. Le sang coule comme les toiTents grossis par les pluies de l'hiver, comme les flots de l'Euripe* dans le détroit de l'Euhée. Le Franc, fier de ses larges blessures qui paraissent avec plus d'éclat sur la blancheur d'un corps demi-nu, est un spectre déchaîné du monument °, et rugissant au milieu des mortSi Au brillant éclat des armes a succédé la sombre couleur de la poussière et du carnage. Les casques sont brisés, les panaches abattus^ les boucliers fendus, les cuirasses percées. L'haleine enflammée de cent miUe combattants, le souffle épais des chevaux ^, la vapeur des sueurs et du sang, forment sur le champ de ba-
1. Les légions laissent pénétrer le coin de l'armée barbare dans leur propre niasse, puis, quand il y est bien engagé, l'enfoncent de droite et de gauche, pendant que les vélites, les Grecs et les Gaulois, se portant sur le troisième côto, achèvent d'enfermer le vaste triangle.
2. On appelait anciennement vc'lites des soldats sans armure, simplement H TÔtus 1) (vélum), qui avaient pour armes des javelots, des pierres, des frondes, des flèches. Dès la seconde guerre punique, ils combattaient à part, et engageaient d'ordinaire l'action. Plus tard ils disparurent de la légion proprement dite et furent remplacés par des corps d'infanterie légère ordinairement formés de soldats auxiliaires.
3. Cf. Bossuet : « Restait cette redoutable infanterie de l'armée d'Espagne, dont les gros bataillons serrés, semblables à autant de tours, mais :\ des tours qui sauraient réparer leurs brèches, demeuraient inébranlables, » etc. (Or. fun. de Condé.)
4. Détroit qui sépare l'Eubée de l'Atlique. Les courants qui s'j font sentir sont si violents que les anciens géograplies les prenaient pour de véritatles marées.
5. Terme de la langue « noble », qui a ici le sens de tombeau Cf. Régnier:
(Ils) veulent déterrer les Grecs du monument.
(Sat. IX.) Molière :
... Du haut d'une gloire extrême Me précipite au monument.
(Amphitr.)
8. Ceci est ajouté depuis les doux premières éditions, et explique mieux l'effet rfngv'iiier dont je parle, et qu'on a pu observer sur un champ ilc hataillc.
(Note de ClKiteauliriancL)
taille une espèce de météore ' que traverse de temps en temps la lueur d'un glaive, comme le trait brillant du foudre ^ dans la livide clarté d'un orage. Au milieu des cris, des insultes, des menaces ^ du bruit des épées, des coups des javelots, du sifflement des flèches et des dards, du gémissement des machines de guerre, on n'entend plus la voix des chefs.
« Mérovée avait fait un massacre épouvantable des Romains. On le voyait debout sur un immense chariot, avec douze compagnons d'arrâes, appelés ses douze pairs*, qu'il surpassait de toute la tête. Au-dessus du chariot flottait une enseigne guerrière , surnommée l'Oriflamme. Le chariot , chargé d'horribles dépouilles, était traîné par trois taureaux dont les genoux dégouttaient de sang et dont les cornes portaient des lambeaux affreux. L'héritier de l'épée de Pharamond avait l'âge, la beauté et la fureur de ce démon de la Thrace, qui n'allume le feu de ses autels qu'au feu des villes embrasées. Mérovée passait parmi les Francs pour être le fruit merveilleux du commerce secret de l'épouse de Clodion et d'un monstre marin; les cheveux blonds du jeune Sicambre, ornés d'une couronne de lis^, ressemblaient au lia moelleux et doré qu'une bandelette virginale rattache à la
1. Le sens exact du mot est : tout phénomène qui se passe daus les rogions supérieures de l'atmosphère.
2. Dans la liingue classique le mot était masculin, même en ce sens. Cf. Uos- •uet : « Anastase mourut frappé du foudre. » Corneille :
Puissi'-je de mes yeux y voir tomber le fondre.
{ffor., IV.)
3. Cf. ci-dessous li; dialogue qui pi-éeède le combat de Mérovée et du cliof gaulois.
-l. Les riouze pairs... une enseigne guerrière, etc. Institution française, mœurs et coutumes de nos aïeux, dont on aimera peut-être à retrouver l'origine.
... Dulces reminiacitur Argos.
(Note de Chateaubriaml.)
VIrgiio, dans ce vers, parle d'un soldat urgiou qui viiut de recevoir une blessun.' mol telle.
S. Comme les douie pairs et rorillanime, ce» lis anticipent de loin l'avenir il<- la « mouurchie française ». Cliatenubrianil aime ii fniro entrer dans son tfpopéc loiit ce qui (lOiit lui donner un raracléi-e national. — Cf. livre VI H : •■ Cette (leur (lo li.s) est le symbole du chef des Salions ot de su tribu; elle croit iiatuiolU'inenl plus belle parmi ces buis, » etc.
quenouille ' d'une reine des Barbares. On eût dit que ses joues étaient peintes du vermillon de ces baies d'églantier qui brillent au milieu des neiges, dans les forêts de la Germanie. Sa mère avait noué autour de son cou un collier de coquillages, comme les Gaulois suspendent des reliques aux rameaux du plus beau rejeton d'un bois sacré. Quand de sa main droite Mérovée agitant un drapeau blanc ^ appelait les fiers Sicambres au champ de l'honneur, ils ne pouvaient s'empêcher de pousser des cris de guerre et d'amour; ils ne se lassaient point d'admirer à leur tête trois générations de héros : l'aïeul, le fils et le père.
« Mérovée, rassasié de meurtres, contemplait, immobile, du haut de son char de victoire, les cadavres dont il avait jonché la plaine. Ainsi se repose * un lion de Numidie, après avoir déchiré un troupeau de brebis; sa faim est apaisée, sa poitrine exhale l'odeur du carnage; il ouvre et ferme tour à tour sa gueule fatiguée qu'embarrassent des flocons de laine; enfin il se couche au milieu des agneaux égorgés; sa crinière, humectée d'une rosée de sang, retombe des deux côtés de son cou*, il croise ses griffes puissantes; il allonge la tête sur ses ongles; et, les yeux à demi fermés, il lèche encore les molles toisons étendues autour de lui.
« Le chef des Gaulois aperçut Mérovée dans ce repos insultant et superbe. Sa fureur s'allume; il s'avance vers le fils de Pharamond, il lui crie d'un ton ironique :
1. Quand on ouvrit ù Saint-Denis le tombeau de Jeanne de Bourljon, épouse de Charles V, on y trouva un reste de couronne, un anneau dor, des d-'bris de bracelets ou chaînon?, un fuseau ou quenouille de bois doré à demi pourri, des souliers de forme très pointue, en partie consumés, brodés en or et eu argent. (Note d; Chateaubriand.)