CHANT DE CYMODOCÉE
Demeurée seule avec le vêtement de gloire ', Gymodocée le considère, et le prend dans ses mains charmantes.
« On m'ordonne, dit-elle, de me parer pour mon époux, il faut obéir. »
Aussitôt elle revêt la tunique, qu'elle rattache avec la ceinture ; les brodequins couvrent ses pieds plus blancs que le marbre de Paros ; elle jette le voile sur sa tête, et suspend à son épaule le manteau : telle la Muse des mensonges nous peint la Nuit, mère de l'Amour, enveloppée de ses voiles d'azur et de ses crêpes funèbres; telle Marcie (moins jeune, moins belle, moins vertueuse) se montra aux yeux du dernier Galon, quand elle le réclama pour époux au milieu des malheurs de Rome, et qu'elle parut à l'autel de l'Hymen avec l'habit d'une veuve éplorée *. Gymodocée ne sait pas qu'elle
i. Les ancioiis arrêtaient ainsi leurs vaisseaux sur des fomls vaseux, lorsque l'ancre glissait, ou, comme parlent les marins, lorsque le vaisseau filait sur son uucre. (Note do Chateaubriand.)
'^. Ou sait que lo poàmc se termine par lu martyre do Gymodocée.
3. Lo vâternent dos femmes martyres, que Cymodocôo croit être sa robe iiuptialti