‹ Lectures choisiesChapitre 115 sur 145 · Cr. Lucain · texte numérisé non relu

Cr. Lucain

Sicut crat, maesti .serrans lugubria cultus,

Quoc|uo modo ualos, hoc est amploxa maritum.

Obsita Tuncrca celutur purpura lana, etc. (/'/inrx., Il, 365.)

porte la robe de la mort! Elle se regarde dans ce triste appareil, qui la rend cent fois plus touchante ; elle se rappelle le jour où elle se couvrit des ornements des Muses pour aller avec son père remercier la famille de Lasthénès *.

« Ma robe nuptiale, disait-elle, n'est pas aussi éclatante; mais elle plaira peut-être davantage à mon époux, parce que c'est une robe chrétienne. »

Le souvenir de son premier bonheur et du doux pays de la Grèce inspira la fille d'Homère. Elle s'assit devant la fenêtre de la prison; et reposant sur sa main sa tête embellie du voile des martyres, elle soupira ces paroles harmonieuses :

« Légers vaisseaux de l'Ausonie ^, fendez la mer calme et brillante ! Esclave de Neptune, abandonnez la voile au souffle amoureux des vents I Courbez-vous sur la rame agile. Reportezmoi, sous la garde de mon époux et de mon père, aux rives fortunées du Pamisus ^

« Volez, oiseaux de Libye, dont le cou flexible se courbe avec grâce, volez au sommet de l'ithome *, et dites que la fille d'Homère va revoir les lauriers de la Messénie !

« Quand retrouverai-je mon lit d'ivoire, la lumière du jour si chère aux mortels, les prairies émaillées de fleurs qu'une eau pure arrose, que la pudeur embellit de son souffle!

« J'étais semblable à la tendre génisse sortie du fond d'une grotte, errante sur les montagnes, et nourrie au son des instruments champêtres. Aujourd'hui, dans une prison solitaire, sur la couche indigente de Gérés!...

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