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NOTICE SUR CHATEAUBRIAND XXIII

pendant cinquante ans le plus grand et le plus imposant parmi ceux de tant d'illustres poètes qui le' reconnaissent eux-mêmes pour leur maître.

A partir des Mémoires d'outre-tombe commença pour cette renommée extraordinaire un déclin aussi rapide qu'immérité. Les défauts que révélait cet ouvrage et que de brillantes qualités avaient jusqu'alors recouverts aux yeux des contemporains, déterminèrent dans le public un retour violent. Mécontent d'avoir été dupe, il fit payer au poète les faiblesses de l'homme. L'époque où parurent les Mémoires est d'ailleurs signalée par le début d'une réaction morale et littéraire qui divise notre siècle en deux parties égales. Chateaubriand avait été le grand initiateur de la premièi'e période, et sa mort coïncida avec l'avènement d'une école nouvelle, éprise de réalité positive comme l'école précédente l'avait été d'idéal et de lyrisme, et que la haine de la déclamation, de l'emphase, des grands mots et des fausses couleurs entraîna parfois jusqu'à ne voir dans l'auteur des Mémoires qu'un prodigieux charlatan.

Depuis quelque temps, la faveur semble revenir au patriarche du romantisme : son nom, qui naguère encore faisait sourire les habiles comme celui d'un Marchangy ou d'un Arlincourt, semble retrouver de jour en jour le respect qui lui est dû. Ce nom, ne craignons pas de le dire, c'est pour tous les écrivains contemporains celui d'un ancêtre. Suivant la parole d'Augustin Tliierry, tous ceux qui, en divers sens, ont marché dans les voies de ce siècle l'ont rencontré à la source de leurs études, à leur première inspiration, ot il n'en est pas un qui ne doive dire à Ciialcaubriand comme Dante à Virgile :

Tu duca, tu sigriore e tu maestro.

Mais Chateaubriand n'est pas seulement un initialcnr, il est encore un niiTveiileux écrivain. Il n'a pas seuleniiiut, cuuimo

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