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NOTICE SUR CHATEAUBRIAND IX

puis à Londres, où quelques leçons de français qu'il trouva à donner et des travaux obscurs de librairie ne l'empêchèrent pas de connaître le froid et la faim^ C'est là qu'il publia, en 1797, après quatre années de labeur opiniâtre, son Essai historique, politique et moral sur les Révolutions anciennes et modernes, considérées dans leurs rapports avec la Révolution française, ouvrage dont l'érudition hâtive et indigeste est traversée çà et là comme par des éclairs.

L'idée dominante de l'Essai se rattache à ce pessimisme qui est le fond inlime de Chateaubriand et dont sa conversion elle-même ne l'affranchira pas. La philosophie dissolvante du xvni« siècle avait ruiné toutes les croyances, mais elle avait fait de la perfectibilité humaine une sorte de dogme inviolable devant lequel s'étaient arrêtés les plus hardis négateurs. C'est ce dernier vestige de religion, d'une religion purement humaine, que Chateaubriand veut abolir dans son ouvrage. Le but qu'il se propose est de prouver non pas seulement qu' « il n'y a rien de nouveau sous le soleil et qu'on retrouve dans les révolutions anciennes et modernes les personnages et les prin cipaux traits de la Révolution française » (Préface de 1826)," mais encore que l'humanité tourne éternellement dans les mémos misères et dans les mômes erreurs. D'après lui, la « carrière du progrès » est la circonférence d'un cercle, et nous la parcourons indéfiniment sans nous apercevoir que l'espace où se meut notre activité stérile est déjà jonché des débris accumulés devant nous par les générations qui nous ont précédés sur la môme route.

Après le Génie du Chris lianisme et les Martyrs, les ennemis du poète eurent beau jeu à le mettre eu contradiction avec lui-môme en lui rappelant le scepticisme amer et désolé de l'Essai sur les Révolutions. Un chapitre do l'ouvrage, l'avant* dernier, a môme pour titre : Quelle sera la reiiyiun qui rempkh

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