Cr. ihid., XII
fl. Cf. Ibid., XII, 5*7.
mots attendrissants se trouvent presque tous dans les six derniers livres de VÊnéide, ainsi que les épisodes d'Évandre et de Pallas, de Mézence et de Lausus, de Nisus et d'Euryale. Il semble qu'en approchant du tombeau le cygne de Mantoue mît dans ses accents quelque chose de plus céleste, comme les cygnes de l'Eurotas, consacrés aux Muses, qui, avant d'expirer, avaient, selon Pythagore, une vision de l'Olympe, et témoignaient leur ravissement par des chants harmonieux '. Virgile est l'ami du solitaire, le compagnon des heures secrètes de la vie. Racine est peut-être au-dessus du poète latin, parce qu'il a fait Athalie ; mais le dernier a quelque chosK qui remue plus doucement le cœur. On admire plus l'un, on aime plus l'autre ; le premier a des douleurs trop royales, le second parle davantage à tous les rangs de la société. En parcourant les tableaux des vicissitudes humaines tracés par Racine, on croit errer dans les parcs abandonnés de Versailles : ils sont vastes et tristes ; mais à travers leur solitude, on distingue la main régulière des arts et les vestiges des grandeurs:
Je ne vois que des tours que la cendre a couvertes, Un fleuve teint de sang, des campagnes désertes -.
Les tableaux de Virgile, sans être moins nobles, ne sont pas bornés à de certaines perspectives de la vie ; ils représentent toute la nature : ce sont les profondeurs des forêts, l'aspect des montagnes, les rivages de la mer, où des femmes exilées regardent, en pleurant, Vimmensilé des flots :
Cuncteeque profundum Pontum adspectabant flentes^.
i. Cf. Platon, Phédon.