Divinité romaine qui présidait oui saisons
3. Doilcau, Art. poét., III, 221. — Cli.iloaubriaiid, on lo voit, n'ose pas encore rompre coinplélement avec la mytliologic. Cu uo sont là sans doute ijuo dos inéiiagemeuts, peut-être uo reste du superstition.
vents reposent ! quelles voix inconnues quand les vents viennent à s'élever! Étes-vous immobile, tout est muet; faites-vous un pas, tout soupire. La nuit s'approche, les ombres s'épaississent : on. entend des troupeaux de bêtes sauvages passer dans les ténèbres; la terre murmure sous vos pas; quelques coups de foudre font mugir les déserts : la forêt s'agite, les arbres tombent, un fleuve inconnu coule devant vous. La lune sort enfin de l'orient ; à mesure que vous passez au pied des arbres, elle semble errer devant vous dans leur cime et suivre tristement vos yeux. Le voyageur s'assied sur le tronc d'un chêne pour attendre le jour; il regarde tour à tour l'astre des nuits, les ténèbres, le fleuve ; il se sent inquiet, agité, et dans l'attente de quelque chose d'inconnu; un plaisir inouï, une crainte extraordinaire, font palpiter son sein, comme s'il allait être admis à quelque secret de la Divinité : il est seul au fond des forêts ; mais l'esprit de l'homme rcnplit aisément les espaces de la nature, et toutes les solitudes de la terre sont moins vastes qu'une seule pensée de son cœur.
Oui, quand l'homme renierait la Divinité, l'être pensant, sans cortège et sans spectateur, serait encore plus auguste au milieu des mondes solitaires que s'il y paraissait environné des petites déités de la Fable; le désert vide aurait encore quelques convenances avec l'étendue de ses idées, la tristesse de ses passions et le dégoût même d'une vie sans illusion et sans espérance'.
11 y a dans l'homme un instinct qui le met en rapport avec les scènes de la nature. Eh! qui n'a passé des heures entières, assis sur le rivage d'un fleuve, à voir s'écouler les ondes I Qui ne s'est plu, au bord de la mer, à regarder blanchir l'écueil éloigné! 11 faut plaindre les anciens, qui n'avaient trouvé dans l'Océan que le palais de Neptune et la grotte de Protée; il était dur de ne voir que les aventures des Tritons et des Néréides dans cette immensité des mers, qui semble nous donner une mesure confuse de la grandeur de notre àme, dans cette immensité qui fait naître en nous un vague désir de quitter la
J. Ce n'est plus ici 1' " onileur tlu christianisme n qui purle, c'est Uené, le Keué des Nalckcz. celui d'avant \a couversion.
vie pour embrasser la nature et nous confondre avec son Auteur ^