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NOTICE SUR CHATEAUBRIAND XIII

humaine à chercher jusque dans les hallucinations et la magie de quoi satisfaire un invincible goût du mystérieux, est remplacé, sinon par la foi, au moins par l'émotion religieuse et par «^e sentiment de respect qui est encore une sorte de piété. Que les représentants de l'école théocratique accusent Chateaubriand de trahir la cause qu'il prétend défendre, de dissoudre son christianisme voluptueux en vagues rêveries, de le réduire à des imaginations poétiques et à des légendes, de compromettre par un usage profane l'auguste et sévère sainteté de la religion : ce qui est certain, c'est que, dans le domaine de l'art et de la poésie, il inaugure un mouvement de la plus haute portée en opposant à la renaissance païenne du 'xvi' siècle, dont les traditions, presque trois fois séculaires, avaient perdu toute itcondité, une renaissance du spiritualisme chrétien au sein de laquelle une littérature nouvelle allait éclore d'elle-même.

Le Génie du Christianisme a pour sous-titre : les Beautés de la Religion. Chateaubriand n'est pas un théologien et ne compose pas un traité de dogmatique; il fait une œuvre d'art chrétien, mais avant tout une œuvre d'art. Son but est de prouver que « de toutes les religions qui ont jamais existé, la religion chrétienne est la plus poétique, la plus humaine, la plus favorable à la liberté, aux arts et aux lettres, que le monde moderne lui doit tout, depuis l'agriculture jusqu'aux sciences abstraites, depuis les hospices pour les malheureux jusqu'aux temples bâtis par Michel-Ange et décorés par Raphaël, qu'il n'y a rien de plus divin que sa morale, rien do plus aimable, de plus pompeux que ses dogmes, sa doctrine, son culte, qu'elle favorise le génie, épure le goût, développe les passions vertueuses, donne de la vigueur à la pensée, offre de? formes nobles à l'écrivain et des moules parfaits à l'artiste..., qu'il n'y a point de honte à croire avec Newton, Bossuet, Pascal, Racine. »

A la fin du xvni" siècle, le christianisme passait pour une

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