‹ Lectures choisiesChapitre 70 sur 145 · Barbarisme que la philosophie a emprunté des Anglais · texte numérisé non relu

Barbarisme que la philosophie a emprunté des Anglais

(Note de Chatoaubriand.)

principe, (ja'il ne faut pas faire un petit mal, même pour obtenir un grand bien'^, à plus forte raison pour des systèmes, dont le résultat est presque toujours effroyable . Ce n'était pas par défaut de génie, sans doute, que ce Pascal, qui, comme nous l'avons montré, connaissait si bien le vice des lois dans le sens absolu, disait dans le sens relatif: « Que l'on a bien fait de distinguer les hommes par les qualités extérieures ! Qui passera de nous deux? qui cédera la place à l'autre? le moins habile? mais je suis aussi habile que lui; il faudra se battre pour cela. Il a quatre laquais, et je n'en ai qu'un; cela est visible, il n'y a qu'à compter : c'est à moi à céder, et je suis un sot si je le conteste 3. »

Cela répond à des volumes de sophismes. L'auteur des Pensées, se soumettant aux quatre laquais, est bien autrement philosophe que ces penseurs, que les quatre laquais ont révoltés^.

En un mot, le siècle de Louis XIV est resté paisible, non parce qu'il n'a point aperçu telle ou telle chose, mais parce qu'en la voyant, il l'a pénétrée jusqu'au fond; parce qu'il en a considéré toutes les faces et connu tous les périls. S'il ne s'est point plongé dans les idées du jour, c'est qu'il leur a été supérieur : nous prenons sa puissance pour sa faiblesse; son secret elle nôtre sont renfermés dans cette pensée do Pascal :

« Les sciences ont deux extrémités qui se touchent : la première est la pure ignorance naturelle où se trouvent les hommes en naissant; l'autre extrémité est celle où arrivent les grandes âmes qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien, et se reucon-

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