Kdilion Havef, art. V
4. Mais pourquoi faut-il qu'il y en ait un qui cèJc ? N<; peuvent-ils aller (li> pairf Et l.'i mémo où il faut unn préféronce, pourquoi so battre? Pour(|uoi no pas «en rapporter an lilire choix d(îs juges natiireli? Se halta t-on du t.mps île Pascal poui déciiliT qui outrorait ^ lAcadùiniii? ou réglait-on cela d'après le nombre doi laquais? (Note do l'édition llavct.)
trent dans cette même ignorance d'où ils sont partis ; mais c'est une ignorance savante qui se connaît. Ceux d'entre eux qui sont sortis de l'ignorance naturelle, et n'ont pu arriver à l'autre, ont quelque teinture de cette science suffisante, et font les entendus. Geux-Ià troublent le monde, et jugent plus mal que tous les autres. Le peuple et les habiles composent pour l'ordinaire le train du monde ; les autres les m-éprisent et en sont méprisés '. »
Nous ne pouvons nous empêcher de faire ici un triste retour sur nous-même. Pascal avait entrepris de donner au monde l'ouvrage dont nous publions aujourd'hui une si petite et si faible partie. Quel chef-d'œuvre ne serait point sorti des mains d'un tel maître ! Si Dieu ne lui a pas permis d'exécuter son dessein, c'est qu'apparemment il n'est pas bon que certains doutes sur la foi soient éclaircis, afin qu'il reste matière à ces tentations et à ces épreuves qui font les saints et les martyrs ^.
POURQUOI LES FnA>ÇAIS NOIVT QUK DES MÉMOIRES
Pourquoi n'avons-nous que des mémoires au lieu d'histoire, et pourquoi ces mémoires sont-ils pour la plupart excellents?
Le Français a été dans tous les temps, même lorsqu'il était barbare, vain, léger et sociable ^. Il réfléchit peu sur l'ensemble des objets; mais il observe curieusement les détails, et son coup d'oeil est prompt, sûr et délié : il faut toujours qu'il soit en scène, et il ne peut consentir, même comme historien, à disparaître tout à fait*. Les mémoires lui laissent la lil)erté de se livrer à son génie. Là, sans quitter le théâtre, il rapporte ses observations, toujours fines et quelquefois profondes. 11 aime à dire : J'étais là, le Roi me dit... Tappris du Prince... Je conseillai, je prévis le bien, le mal. Son amour-propre