FuJorc
â. Comme il nous l'appreniira plus tard dans un récit qui fait à lui seul lo tiers du poémo, Eudore a rciiipIaciS à îlome son pcrfi l.astlicncs en qualité d'otage. Là, il s'est lié avec lu pi-inre Const;uitin, fils de Conslauoo. Plus tard il sert contre les Franks, puis il part en expédition pour la Bretagne, où, s'étaiil clové de grade en grade au rang de premier tribun de la légion britanuiquo, il défait Garrausius, usuipatiur de la pourpre impériale
jeune de mes fils, que les dieux t'accordent ce que tu désires ! Je t'apporte une coupe d'un prix inestimable : mon esclave l'ôtera de mon char, et tu la recevras de mes mains. Jeune et vaillant guerrier, Méléagre était moins beau que toi lorsqu'il charma les yeux d'Atalante 1 Heureux ton père, heureuse ta mère, mais plus heureuse encore celle qui doit partager ta couche ! Si la vierge qu'on a retrouvée n'était pas consacrée aux chastes Muses... »
Les deux jeunes gens se sentirent troublés par les paroles de Démodocus. Eudore se hâta de répondre :
« J'accepterai le présent que vous m'offrez, s'il n'a pas servi à vos sacrifices. »
Le jour n'étant pas encore à sa fin, la famille invita les deux étrangers à se reposer avec elle au bord d'une source. Les sœurs d'Eudore, assises aux pieds de leurs parents, tressaient des couronnes de fleurs rouges et bleues pour une fête prochaine. On voyait un peu plus loin les urnes et les coupes des moissonneurs; et, à l'ombre de quelques gerbes plantées debout, un enfant était endormi dans un berceau.
« Mon hôte, dit Démodocus à Lasthénès, tu me semblés mener ici la vie du divin Nestor. Je ne me souviens pas d'avoir vu la peinture d'une scène pareille, si ce n'est sur le bouclier d'Achille ' : Vulcain y avait gravé un roi au milieu des moissonneurs; ce pasteur des peuples, plein de joie, tenait en silence son sceptre levé au-dessus des sillons. Il ne manque ici que le sacrifice du taureau sous le chêne de Jupiter. Quelle abondante moisson! Que d'esclaves laborieux et fidèles! »
« Ces moissonneurs ne sont plus mes esclaves, répliqua Lasthénès; ma religion me défend d'en avoir : jo leur ai donné la liberté. »
« Lasthénès, dit alors Démodocus, je commence à comprendre «lue la renommée, celle voix de Jupiter, m'avait appris la vérité : tu auras sans doute embrassé cette secte nouvelle ({ui adore un Dieu inconnu à nos ancêtres. »
Lasthénès répondit: