‹ Lectures choisiesChapitre 91 sur 145 · Montagne d'Arcudic · texte numérisé non relu

Montagne d'Arcudic

.V Id.

6. liacorc uu souvenir d'IIomèro. Cf lliadr, IX : a I, > Prières sont filles da

On s'assemble aussitôt dans une cour entourée de granges et des étables des troupeaux. Quelques ruches d'abeilles y répandaient une agréable odeur mêlée au parfum du lait des génisses qui revenaient des pâturages. Au milieu de cette cour, on voyait un puits dont les deux poteaux, couverts de lierre, étaient surmontés de deux aloès qui croissaient dans des corbeilles. Un noyer, planté par l'aïeule de Lasthénès, couvrait le puits de son ombre. Lasthénès, la tête nue et le visage tourné vers l'Orient, se plaça debout sous l'arbre domestique. Les bergers et les moissonneurs se mirent à genoux sur du chaume nouveau, autour de leur maître. Le père de famille prononça à haute voix cette prière, qui fut répétée par ses enfants et par ses serviteurs :

« Seigneur, daignez visiter cette demeure pendant la nuit, et en écarter les vains songes. Nous allons quitter les vêtements du jour, couvrez-nous de la robe d'innocence et d'immortalité que nous avons perdue par la désobéissance de nos premiers pères. Lorsque nous serons endormis dans le sépulcre, ô Seigneur, faites que nos âmes reposent avec vous dans le ciel! »

Quand cela fut fait, on entra dans la maison, où se préparait le repas de l'hospitalité. Un homme et une femme parurent, portant deux grands vases d'airain pleins d'une eau échaufîée par la flamme. Le serviteur lava les pieds de Démodocus; la servante, ceux de la fille de Démodocus; et, après les avoir oints d'une huile de parfums d'un grand prix, elle les essuya avec un lin blanc. La fille aînée de Lasthénès, du même âge que Cymodocée, descendit dans un souterrain frais et voûté. On conservait dans ce lieu toutes sortes de choses pour la vie de l'homme. Sur des planches de chêne attachées aux parois du mur, on voyait des outres remplies d'une huile aussi douce que celle de l'Attique ; des mesures de pierre en forme d'autel, ornées de têtes de lion, et qui contenaient la fine fleur du froment ; des vases de miel de

grand Jupiter. Boiteuses, ridées, et diHouruanl les yeux, elles s'appliqueut à suivra l'injure, 11 etc. — Aie, c'est la personnification du malheur, de l'égarement qui perd les huniiues.

Crète, moins blanc, mais plus parfumé que celui d'Hybla, et des amphores pleines d'un vin de Chio devenu comme un baume par le long travail des ans. La fille de Lasthénès remplit une urne de cette liqueur bienfaisante, propre à réjouir le cœur de l'homme dans l'aimable familiarité d'un repas.

Cependant les serviteurs ne savaient s'ils devaient apprêter le festin sous la vigne, ou sous le figuier comme dans un jour de réjouissance. Ils vont consulter leur maître : f.asthénès leur ordonne de dresser dans la salle des Agapes; une table d'un buis éclatant. Ils la lavent avec une éponge, et la couvrent de corbeilles d'osier, pleines d'un pain sans levain, cuit sous la cendre. Ils apportent ensuite, dans des plats d'une simple argile, des racines, quelques volatiles et des poissons du lac Stymphale 2, nourriture destinée à la famille; mais on servit pour les étrangers un chevreau qui avait à peine goûté l'arbousier du mont Aliphère et le cytise du vallon de Mélénée^.

EUDOUE A IVAPLES

« Des fleurs et des fruits humides de rosée sont moins suaves et moins frais que le paysage de Naples sortant des ombres de la nuit. J'étais toujours surpris en arrivant au portique de me trouver au bord de la mer : car les vagues

1. ^om du repas rfu soir, que faisaient entre eux les chrétiens de la primitive Églis(?, en mc^moire de la dernière' cène de Jésus-Christ avec ses disciples, et dan» lequel on se donnait le baiser de paix en signe de fraternité.

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