‹ Lectures choisiesChapitre 92 sur 145 · En Afcadie · texte numérisé non relu

En Afcadie

3. Le mont Aliphère ot le vallon do Mélénée étaient tout près de l'habitation de Lasthénès.

— .< L'arrivée de Oémodorus et de sa fille dans la famille de Lasthénès, dit Siiinle-Heuve, e^t véritablement belle, et l'auteur no la doit qu'.\ lui : il a su peindre, dans res scènes patriarcales et toutes bibliques de la postérité de l'Iiilopanmi^n, le chaimo simple et vertueux d'une famille du premiers chrétiens. Cela est neuf, cela est vrai, les souvenirs et les traditions diverses s'v combiiieiil sans ■e heurter. Il y a di l'ilésiodi-, mais la réminisi-eoce il'Ascréo s'adoucit encore en venant se r.inj^or à l'ombre du noyer béni. •>

4. Ré<il d'i'jiilore. Cf. la note 3 de la page 180. Le jeune homme a suivi la cou» du c6té do Naples.

dans cet endroit faisaient à peine entendre le léger muimure d'une fontaine. En extase devant ce tableau, je m'appuyais contre une colonne ; et, sans pensée, sans désir, sans projet, je restais des heures entières à respirer un air délicieux. Le charme était si profond, qu'il me semblait que cet air divin transformait ma propre substance, et qu'avec un plaisir indicible je m'élevais vers le firmament comme un pur esprit. Dieu tout-puissant! que j'étais loin d'être cette intelligence céleste dégagée des chaînes des passions! Combien ce corps grossier m'attachait à la poussière du monde, et que j'étais misérable d'être si sensible aux charmes de la création, et de penser si peu au Créateur^ ! Ah ! tandis que, libre en apparence, je croyais nager dans la lumière, quelque chrétien chargé de fers et plongé pour la foi dans les cachots était celui qui abandonnait véritablement la terre et montait glorieux dans les rayons du soleil éternel !

« Hélas ! nous poursuivions nos faux plaisirs. Attendre ou chercher une beauté coupable, la voir s'avancer dans une nacelle et nous sourire du milieu des flots, voguer avec elle sur la mer dont nous semions la surface de fleurs, suivre l'enchanteresse ar. fond de ce bois de myrtes 'et dans les champs heureux où Virgile plaça l'Elysée : telle était l'occupation de nos jours, source intarissable de larmes et de repentir -. Peut-être est-il des climats dangereu.j: à la vertu par leur extrême volupté. Et n'est-ce point ce que voulut

1. Eudore est tombé dans tous les désordres de la jeunesse et a oublié sa religion.

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